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Deux Serbes enlevés en Libye tués dans une frappe aérienne américaine

Deux Serbes enlevés en novembre en Libye ont péri dans une frappe aérienne américaine vendredi contre un camp d'entraînement du groupe Etat islamique, a annoncé Belgrade samedi.

Ce raid en territoire libyen effectué par des avions de combat a fait une cinquantaine de morts, avait annoncé Washington, une opération condamnée samedi par le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale la qualifiant de "violation flagrante de la souveraineté de l'Etat libyen".

A Belgrade, le Premier ministre Aleksandar Vucic a annoncé la mort de deux ressortissants serbes, Sladjana Stankovic et Jovica Stepic, fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.

"Ils ont été tués dans des explosions, nous parlons évidemment des frappes américaines", a-t-il indiqué, présentant ses "plus sincères condoléances" aux familles des victimes.

"Il s'agit de la première crise d'otages majeure à laquelle nous faisons face. Nos citoyens auraient été libérés s'il n'avaient pas péri", pendant le raid, a déclaré M. Vucic.

Le Pentagone a assuré que les résultats de l'opération en Libye faisaient toujours l'objet d'analyses.

"Nous sommes au courant des informations (de Belgrade, ndlr), mais en ce moment nous n'avons pas d'indications permettant de les confirmer", a dit un porte-parole du Pentagone.

M. Vucic a déclaré que les corps de Sladjana Stankovic, chargée des communications à l'ambassade de Serbie en Libye, et de son chauffeur, Jovica Stepic, seraient rapatriés lundi.

Les deux fonctionnaires avaient été enlevés le 8 novembre dans la ville côtière de Sabratha, considérée comme un point de regroupement des militants radicaux islamistes qui y ont mis en place un camp d'entraînement de jihadistes, à environ 70 km à l'ouest de la capitale, Tripoli.

Des ressortissants serbes, médecins, infirmiers, ingénieurs et ouvriers du bâtiment, arrivés à l'époque où les relations entre Belgrade et le régime de Mouammar Kadhafi étaient étroites, travaillent en Libye depuis des dizaines d'années.

Beaucoup d'entre eux, surtout ceux travaillant dans des hôpitaux, ont refusé de quitter la Libye au moment de la chute du dictateur en 2011.

- Camp d'entraînement de l'EI en Libye -

Le Pentagone estime que l'EI dispose de 5.000 combattants en Libye.

Le raid de l'aviation américaine a, fort probablement, permis d'éliminer un cadre de ce groupe, Noureddine Chouchane, aussi connu sous le nom de "Sabir", responsable d'attaques en Tunisie, a annoncé Washington vendredi.

Ce Tunisien de 36 ans est soupçonné d'être derrière les deux attentats en Tunisie l'an dernier : contre le musée du Bardo à Tunis en mars (22 morts) et contre un hôtel près de Sousse en juin (38 morts). Selon les autorités tunisiennes, les jihadistes auteurs d'attaques en Tunisie s'étaient entraînés à Sabratha.

C'est la deuxième fois en trois mois que les Etats-Unis procèdent à des frappes ciblées contre l'Etat islamique en Libye, pays plongé dans le chaos depuis 2011.

Selon un communiqué du procureur à Tripoli, un des blessés dans le raid américain a confirmé que les victimes étaient des membres de l'EI et qu'ils "étaient venus en Libye pour s'entraîner et ensuite perpétrer des attaques terroristes en Tunisie".

A Sabratha, le conseil municipal a confirmé le décès des otages serbes et appelé les autorités tunisiennes et libyennes à "prendre leurs responsabilités et aider à la lutte contre les organisations terroristes".

Le Premier ministre serbe a admis que Washington n'était sans doute pas au courant de la présence des deux Serbes sur le site de l'attaque aérienne américaine. "Mais cela restera une inconnue", a-t-il dit.

Moscou, en revanche, a assuré que le "lieu de détention (des otages serbes, ndlr) était connu".

"Nous exhortons les Etats-Unis et les autres pays de l'OTAN à choisir avec soin leurs cibles, comme le font les avions russes en Syrie", a indiqué  le ministère des Affaires étrangères russe dans un message de condoléances aux autorités serbes.

En dépit du décès des deux ressortissants serbes M. Vucic a rejeté l'éventualité d'un refroidissement des relations entre Belgrade et Washington.

"Je ne suis pas prêt (...) à une détérioration de nos relations avec les Etats-Unis car nous avons besoin d'eux en tant qu'amis et partenaires et non en tant qu'ennemis", a-t-il expliqué.

AFP

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