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Ouganda: après le chaos, le vote reprend dans le calme

Les opérations de vote pour les élections présidentielle et législatives en Ouganda ont repris normalement vendredi matin dans une trentaine de bureaux de Kampala et d'un district proche, où les électeurs n'avaient pas pu voter jeudi en raison d'importants retards.

Après les scènes chaotiques de la veille, le calme régnait cette fois-ci dans 36 bureaux de vote de la capitale et du district voisin de Wakiso, où la Commission électorale a ordonné de prolonger d'une journée le scrutin.

Ces mêmes bureaux avaient ouvert jeudi avec plusieurs heures de retard, le matériel électoral n'étant pas arrivé, ce qui avait provoqué des heurts entre des électeurs criant à la fraude et des forces de sécurité déployées en nombre.

Ggaba, dans le sud de Kampala, est l'un des quartiers où la tension avait été la plus vive. La police y avait dispersé avec des grenades lacrymogènes des électeurs frustrés et en colère.

Environ 200 personnes attendaient patiemment vendredi matin devant le bureau de vote de Ggaba, où la présence policière restait relativement discrète, selon une journaliste de l'AFP.

"Je suis en âge de voter et donc je veux accomplir mon devoir électoral", a expliqué Ronnie, un étudiant de 22 ans qui, malgré les heurts de la veille, s'est remis dans la file d'attente à l'aube.

Il devait toutefois faire à nouveau preuve de patience, l'urne pour les personnes dont le nom de famille commence par "K" étant apparemment introuvable.

Annet Kusiima, une femme pasteur de 49 ans, était aussi de retour. "Hier, un groupe de personnes a détruit les urnes, donc nous n'avons pas pu voter", a-t-elle raconté. "Il y a eu une manifestation, on ne se sentait pas à l'aise."

Kampala est réputée acquise au candidat de l'opposition Kizza Besigye, principal rival du sortant Yoweri Museveni qui, à 71 ans dont 30 passés à la tête du pays, brigue un cinquième quinquennat.

- Museveni en tête -

"Pourquoi, ici à Kampala, où siège la commission électorale, un bureau ne recevrait pas les bulletins de vote alors qu'ils pourraient être acheminés à pied depuis les locaux de la commission ?" s'est interrogé M. Besigye.

Ce dernier a été brièvement interpellé jeudi soir, pour la deuxième fois en une semaine.

Dans un entretien à l'AFP peu après sa libération, M. Besigye a assuré avoir reçu "des informations très sûres et corroborées sur des opérations de truquage du scrutin en cours dans une maison" à Kampala.

"Il nous est apparu très clairement qu'il s'agissait d'une opération impliquant des policiers", a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la police, Patrick Onyango, a rejeté ces accusations en bloc, ajoutant que M. Besigye avait été arrêté "pour violation de propriété puis relâché sous caution".

L'arrestation de M. Besigye a été condamnée par les Etats-Unis, qui y ont vu "un type d'agissement" remettant "en question l'engagement de l'Ouganda à mener une élection libre et transparente exempte d'intimidation".

Les retards enregistrés jeudi ont également été qualifiés d'"absolument inexcusables" par le chef de la mission d'observation du Commonwealth, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.

Le dépouillement a débuté jeudi après-midi dans la plupart des 28.000 bureaux de vote. Au dernier décompte, portant sur un peu moins de 50% des bureaux de vote, vendredi en fin de matinée, M. Museveni était en tête avec 62,3% des voix, devant M. Besigye (33,46%). Les résultats de la présidentielle devraient être connus samedi.

Les sondages prédisaient une victoire dès le premier tour, avec 51% des voix, pour M. Museveni. Le président est encore très populaire dans les campagnes et bénéficie de la puissance financière et du savoir-faire électoral de son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM).

L'opposition, même si elle n'a pas réussi à s'accorder sur une candidature unique, espère cependant le pousser à un second tour inédit dans ce pays enclavé d'Afrique de l'Est, qui n'a jamais connu d'alternance politique pacifique depuis son indépendance en 1962.

AFP

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