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Une illustration avec des figurines de différents travailleurs sur le logo de Pôle emploi. Crédit photo: AFP/PHILIPPE HUGUEN
Une illustration avec des figurines de différents travailleurs sur le logo de Pôle emploi. Crédit photo: AFP/PHILIPPE HUGUEN

En France, être d'origine africaine réduit grandement les chances de trouver un emploi

Une étude de grande ampleur de l'Insee met à jour les discriminations criantes dans le monde du travail.

C'est une étude publiée par l'agence gouvernementale France Stratégie qui met de manière précise un doigt sur les discriminations dont sont encore victimes les personnes d'origine africaine qui vivent et cherchent du travail en France. 

Selon ce rapport, à diplôme et compétences égales l'inégalité de l'accès à l'emploi est la plus forte entre les hommes sans ascendances étrangères et les femmes avec des origines africaines ou du monde arabe: un écart de 21 points entre ces deux catégories est, en effet, constaté pour l'accès à l'emploi. 

À lire aussi sur Slate.fr: Pourquoi la France a tant de mal à lutter contre les discriminations raciales

On peut également lire dans cette étude que, «les taux d’activité des hommes sont supérieurs à 90 % dans toutes les catégories étudiées, sauf pour les hommes originaires du continent africain, dont le taux (83 %) est semblable à celui des femmes sans ascendance migratoire, originaires d’Europe ou natives des DOM.» Autrement dit, un homme sans origine étrangère et avec un diplôme sera plutôt protégé du chômage, alors que ce sera beaucoup moins le cas pour un homme titulaire d'un diplôme équivalent mais d'origine étrangère. Une inégalité criante. 

«Ecarts inexpliqués»

Dans le détail, le taux de chômage chez les personnes originaires du continent africain est de 18 % pour les hommes et 13 % pour les femmes. Chez les hommes et femmes sans ascendance migratoire, il est à 6 %. Avec une ascendance européenne, le taux passe à 6,5 % pour les femmes et 6,6 % pour les hommes.

Si la discrimination apparaît clairement, les auteurs de l'étude précisent que «ces observations brutes sont loin d’être suffisantes pour conclure à l’existence de discriminations. Voilà pourquoi les spécialistes du sujet préfèrent parler «d’écarts inexpliqués» pour approcher ce qui, dans les inégalités observées, relève potentiellement de discriminations pures.»

L’enquête, très complète, se base sur une étude de l’Insee portant sur un échantillon de 22,7 millions de personnes interrogées entre 1990 et 2014 en France métropolitaine. Elle porte sur des individus nés en France et âgés de 25 à 59 ans, dont 90 % n’ont aucun parent immigré ou né dans les DOM; 1 % sont natifs des DOM, 5 % descendants d’immigrés européens et 4 % d’immigrés africains y compris le Maghreb.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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