mis à jour le

Présidentielle en Ouganda: l'inusable Yoweri Museveni favori

Quelque 15 millions d'Ougandais sont attendus aux urnes jeudi pour élire leurs députés et leur président. Le sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, est une nouvelle fois favori face à une opposition divisée.

Les 28.000 bureaux de vote du pays ouvriront à 07H00 (04H00 GMT) et fermeront à 16H00. Les résultats devraient être officialisés dans les 48 heures.

Les électeurs ougandais doivent choisir leurs 290 députés et décider s'ils maintiennent ou non leur confiance à M. Museveni, âgé de 71 ans et en quête d'un cinquième quinquennat, face à sept autres candidats.

Les sondages prédisent une victoire dès le premier tour - avec 51% des voix - du chef de l'Etat, encore très populaire dans les campagnes, et qui bénéficie de la puissance financière et du savoir-faire électoral de son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM).

Mais l'opposition, même si elle n'a pas réussi à s'accorder sur une candidature unique, espère au moins le pousser à un second tour inédit dans ce pays enclavé d'Afrique de l'Est, qui n'a jamais connu d'alternance politique pacifique depuis son indépendance en 1962.

Opposant historique et principal rival de M. Museveni, Kizza Besigye estime même être en mesure de l'emporter, quand bien même il a été battu au premier tour lors des trois derniers scrutins (2001, 2006, 2011).

"Cette élection ne peut pas être libre et équitable, mais cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas la gagner", a-t-il déclaré mardi à l'AFP.

- La popularité de Besigye -

Chef du Forum pour le changement démocratique (FDC), M. Besigye avait affirmé par le passé qu'il ne se présenterait plus, estimant impossible un scrutin équitable, avant de changer d'avis. 

L'opposition avait contesté les résultats des deux dernières présidentielles, remportées par M. Museveni avec 59% des voix en 2006 et 68% en 2011, en dénonçant des fraudes de la part du régime.

Même si le NRM et l'opposition se sont mutuellement accusés de créer des milices, la campagne a été relativement calme jusqu'à lundi, quand une personne a été tuée à Kampala lorsque la police a dispersé sans ménagement des militants du FDC et brièvement interpellé M. Besigye.

La commission électorale a cependant estimé mercredi que les élections devraient se dérouler dans le calme, les forces de sécurité étant "déployées sur le terrain".

Ancien médecin personnel de M. Museveni à l'époque du maquis et plusieurs fois ministre, M. Besigye jouit d'une réelle popularité, notamment dans les villes et auprès de la jeunesse désenchantée du pays. Mais il n'a pas les ressources du NRM, que beaucoup accusent de clientélisme.

Premier ministre entre 2011 et 2014, avant de tomber en disgrâce et d'être limogé sur fond de rivalité avec le chef de l'Etat au sein du NRM en vue de la présidentielle, Amama Mbabazi représente l'autre menace pour M. Museveni. Mais sa proximité passée avec le pouvoir est un handicap.

- Museveni a amené la stabilité -

Ancien guérilléro charismatique, à la fois autoritaire et affable, Yoweri Museveni n'a jamais laissé percer la moindre intention de laisser la place, lui qui plus jeune dénonçait pourtant ces dirigeants africains qui "veulent rester trop longtemps au pouvoir".

"Comment pourrais-je quitter une bananeraie que j'ai plantée et qui commence à donner ses fruits ?" s'est-il demandé lors d'un récent meeting. 

Arrivé au pouvoir en 1986, après avoir pris Kampala à la tête de son Armée de résistance nationale (NRA), il a apporté la stabilité à son pays après les règnes autoritaires et violents d'Idi Amin Dada et Milton Obote.

Il s'est aussi imposé comme un acteur régional incontournable, à la faveur notamment de son engagement inébranlable dans la force de paix de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

L'ancien marxiste a entrepris très tôt de libéraliser l'économie ougandaise, ce qui s'est traduit par une forte croissance (7% en moyenne dans les années 1990 et 2000). 

Mais il n'a pas réussi à la diversifier suffisamment - le secteur agricole emploie 80% de la main d'oeuvre - et s'est aliéné une grande partie de la jeunesse, victime d'un chômage de masse, en raison de son échec à créer assez d'emplois pour compenser la forte croissance démographique du pays.

AFP

Ses derniers articles: Zimbabwe: l'opposant Mawarire de nouveau interpellé  Libération d'un Suédois enlevé par Al-Qaïda en 2011 au Mali  Afrique du Sud: enquête rouverte pour un crime de l'apartheid 

présidentielle

AFP

Côte d'Ivoire: retour dans son parti d'un ex-candidat

Côte d'Ivoire: retour dans son parti d'un ex-candidat

AFP

Kenya: huit candidats approuvés pour la présidentielle d'août

Kenya: huit candidats approuvés pour la présidentielle d'août

AFP

Présidentielle au Rwanda: les candidats contrôlés sur les réseaux sociaux

Présidentielle au Rwanda: les candidats contrôlés sur les réseaux sociaux