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Présidentielle au Niger: controverse sur le vote "par témoignage"

L'autorisation mercredi au Niger du "vote par témoignage" (vote sans pièce d'identité mais avec deux personnes attestant de l'identité du votant) a suscité la colère de l'opposition et de la société civile, à quatre jours de la présidentielle de dimanche.

La télévision nationale a annoncé que le Conseil d'Etat avait donné un avis favorable au "vote par témoignage" des inscrits ne disposant pas de pièces d'identité.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Boubé Ibrahim, a pris un arrêté pour autoriser ce type de vote, selon la télévision.

Sa décision "ne fait pas l'unanimité" des représentants de l'opposition et de la société civile qui siègent à la Céni, a confié à l'AFP une source proche de la Commission.

Le vote par témoignage concerne environ 1,5 million d'électeurs dans le pays sur près de 7,5 millions d'inscrits. Ce chiffre a été mis au jour lors de l'audit du ficher électoral nigérien par l'Organisation internationale de la francophonie en janvier.

"Le vote par témoignage pose problème parce que ça permet des fraudes", a affirmé à l'AFP Moussa Tchangari, figure de la société civile et opposant notoire.

"Quelqu'un vient avec une carte d'électeur qui peut ne pas être la sienne, il trouve deux personnes qui peuvent témoigner et il peut voter. Dans un contexte très partisan, ce n'est pas difficile de trouver quelques témoins", ajoute M. Tchangari. Il souligne que ce type de vote avait été accepté en 2011 mais que c'était une "disposition transitoire en attendant d'établir les fichiers biométrique qui n'ont pas été faits".

Au sein de l'opposition, on dénonce le fait que des milliers de cartes d'électeurs, fausses ou non distribuées, circulent et pourraient être utilisées lors du vote. Les cartes correspondent aux noms inscrits sur les listes mais ne comportent pas de photo ou d'empreinte digitale.

S'exprimant au nom de la Coalition pour l'Alternance (COPA 2016, opposition), Tahirou Kalilou rappelle que "Le vote par témoignage n'est pas inscrit dans la loi. En réalité, l'action du Premier Ministre (qui a saisi le Conseil d'Etat) cache mal l'intention du pouvoir sortant de troubler la sincérité, la fiabilité et la crédibilité des élections".

"La COPA 2016 prend à témoin l'opinion relativement à la fraude massive planifiée" par le pouvoir. "Le vote par témoignage participe de cette tromperie à grande échelle", a-t-il conclu.

Quelque 15 candidats s'affronteront dimanche lors du scrutin présidentiel qui sera couplé à des législatives au terme d'une campagne sous tension.

AFP

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