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Burundi: deux personnes "exécutées" par un groupe armé non identifié

Deux personnes ont été "exécutées" lors d'une attaque d'un groupe de "criminels armés" non identifiés dans la province de Mwaro, au centre du Burundi, dans la nuit de vendredi à samedi, a appris l'AFP auprès d'une source administrative et de témoins.

"Des criminels armés sont arrivés sur la colline de Gacimbirigongo et ont obligé les habitants à sortir de leurs maisons (...) Ils ont appelé deux personnes par leur nom et leur ont demandé de s'avancer, avant de les exécuter par balles", a annoncé à l'AFP l'administrateur de la commune de Gisozi, Célestin Singirankabo, joint par téléphone.

Une enquête "est en cours pour déterminer le mobile de ces ignobles assassinats", a-t-il ajouté.

La première victime était un élu local membre d'un parti de la mouvance présidentielle et la seconde, un membre des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir que les Nations unies ont qualifié de "milice", selon deux témoins contactés par téléphone.

Ces assassinats s'inscrivent dans un contexte de recrudescence d'attaques armées après un début du mois de janvier plutôt calme. Au moins cinq personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées dans plusieurs attaques distinctes à la grenade qui ont frappé la capitale Bujumbura depuis début février.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une nouvelle attaque à la grenade a fait dix blessés, dont deux policiers, dans le quartier populaire de Kamenge, dans le nord de la capitale, selon le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye. Cinq autres personnes ont été blessées dans une attaque similaire vendredi dans la ville de Kirundo, dans le nord-est du pays, selon une source administrative sur place.

Pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité de ces "attaques terroristes", qui se sont multipliées depuis le début de la crise au Burundi sans jamais être revendiquées.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza - réélu en juillet - à un troisième mandat. Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, qui a poussé 240.000 personnes à l'exil.

Ni l'échec d'une tentative de coup d'État militaire en mai, ni une brutale répression de six semaines de manifestations à Bujumbura, n'ont pu enrayer l'intensification des violences - désormais armées - et l'organisation de mouvements rebelles embryonnaires déterminés à chasser M. Nkurunziza.

AFP

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