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La lutte contre le jihadisme sera de longue haleine, selon le chef des opérations spéciales américaines en Afrique

Face à une menace jihadiste en expansion et en continuelle mutation en Afrique, les Etats doivent s'adapter en permanence et resserrer leurs liens, selon le commandant des opérations spéciales américaines sur le continent, le général Donald Bolduc.

"Ce type de guerre s'inscrit dans le long terme et il n'y a pas de raccourcis. Il faut maintenir le cap et que tout le monde coopère", a affirmé le général Bolduc à des journalistes à Dakar, à l'occasion du lancement de l'exercice militaire annuel Flintlock organisé par les Etats-Unis en Afrique avec une trentaine de pays, qui a débuté lundi jusqu'au 29 février.

Parmi les missions cruciales, une expression revient systématiquement: "Combattre la version des faits, celle d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), de l'EI (le groupe Etat islamique), sur pourquoi il leur faut un califat, sur leurs actes au nom de leur religion, pourquoi vouloir devenir l'un des leurs, leurs instruments de recrutement", précise-t-il.

Malgré une constante émulation entre des formations aux implantations géographiques et aux objectifs disparates - Aqmi dans le Sahel, les shebab somaliens, Boko Haram au Nigeria, l'EI en Libye - les jihadistes parviennent à apprendre les uns des autres, souligne-t-il. 

"Ces 12 derniers mois, ils sont devenus plus actifs. Ils ont exporté des tactiques et des techniques, en particulier en matière d'engins explosifs improvisés, et échangé des idées et des concepts sur la manière de se présenter publiquement, ont consolidé leur idéologie et ce qu'ils représentent", remarque l'officier américain.

- 'Attaques asymétriques' -

Cette souplesse permet "à l'ennemi de se regrouper pour combattre quasiment comme une unité terrestre, puis, lorsqu'il a été vaincu, de se disperser en éléments plus petits pour lancer des attaques de type asymétrique", explique-t-il, citant l'exemple de la campagne d'attentats de Boko Haram depuis l'offensive des Etats de la région du lac Tchad contre le groupe islamiste en 2015.

"Et il faut pouvoir riposter à cela. Donc, tant que nous n'aurons pas un dispositif global bien équilibré entre le militaire, le policier et le non-sécuritaire, ils continueront à alterner entre ces différents types de combat", poursuit le général Bolduc. "Il faut pouvoir faire les deux, d'où la nécessité de cette coopération régionale" entre Etats.

"Nous aidons en termes de partage de renseignement, d'exploitation de sites sensibles, et de formation contre les engins explosifs improvisés, qui est l'un des enseignements les plus recherchés par nos partenaires parce que c'est ce que l'ennemi utilise principalement", indique-t-il.

Cette année, près de 1.700 membres des forces spéciales d'une trentaine de pays d'Afrique, d'Amérique et d'Europe, dont la France et la Grande-Bretagne, sont engagés dans l'exercice Flintlock, selon l'Africom, le commandement militaire des Etats-Unis pour l'Afrique, qui l'organise depuis 2005.

Dans le contexte des attentats de Bamako, la capitale du Mali, le 20 novembre, et de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 15 janvier, avec à chaque fois des interventions des forces nationales et étrangères, l'exercice militaire au Sénégal voisin prend une dimension particulière.

"La formation la plus importante que nous puissions apporter est de connecter cet entraînement militaire à la police qui, en zone urbaine, doit fournir la première réaction, évaluer la situation, avant l'arrivée d'une unité militaire", selon le général Bolduc.

"C'est l'une des choses que Flintlock 16 fait pour la première fois, indique-t-il. Connecter la police aux militaires afin de pouvoir réagir à de telles attaques".

AFP

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