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Ligue 1:

Tracassé depuis toujours par des genoux récalcitrants, Cheick Diabaté, attaquant malien au style inimitable, sait se relever de ses blessures et se transformer en +serial buteur+ pour porter Bordeaux, qui reçoit Saint-Etienne dimanche lors de la 25e journée de Ligue 1 (17h00).

Alors oui, ce n'est pas le plus beau à voir jouer, souvent raillé avec ses grands compas (1,94 m), ses problèmes de coordination corrigés au fil des ans ou ses difficultés à se concentrer pour réaliser des gestes basiques. 

Mais la planète L1 est reconnaissante de sa réussite, de son travail de sape éreintant pour ses adversaires et de son mental à tout épreuve.

Elle vient de le nommer pour le Trophée de meilleur joueur du mois de janvier aux côtés du Parisien Angel Di Maria et du Niçois Hatem Ben Arfa. Une sacrée revanche pour l'international malien de 27 ans, auteur d'un seul but l'année dernière, contre Larnaca en tour préliminaire de l'Europa League. 

"Je ne me souviens pas de 2015, je ne connais que 2016", déclare ce poison diabolique quand il est en possession de tous ses moyens. 


- Porte-bonheur -


"C'est un vrai buteur quand il n'est pas blessé", confirme son entraîneur Willy Sagnol, "et toutes les équipes qui jouent une qualification européenne ont besoin d'un vrai buteur".

Diabaté est surtout un homme de cycles, obligé de repasser aux stands tous les trimestres environ pour soigner ses genoux, atteints de lésions, de tendinites, ou d'épanchement.

Mais quand ses articulations sont bien huilées, il affole les compteurs: 6 buts inscrits en 8 matches à l'automne 2013, 6 buts en 7 matches à l'automne 2014, 7 buts en 5 matches le mois dernier. 

Depuis ses débuts en L1 en novembre 2009 avec Nancy où il était prêté, le natif de Bamako en est à 45 buts marqués en 71 titularisations (119 apparitions au total). Des stats dans les meilleurs standards français, si l'on excepte celles de Zlatan Ibrahimovic.

Sans parler de la Coupe de France, sa compétition fétiche (10 buts en 7 matches) qu'il a ramenée en Gironde en 2013 grâce à un doublé en finale contre Evian/Thonon.

"Même à l'entraînement, quand je marque, je suis très content, car cela fait partie de mon boulot. La chose dont je suis sûr, c'est que je n'ai pas fini de marquer", poursuit +Cheick no limit+, porte-bonheur pour ses couleurs quand il marque (31 victoires, 14 nuls, 3 défaites).


- Pistes exotiques -


Il y a un an, son genou a fini par dire stop. L'opération était devenue indispensable pour la suite de sa carrière mais l'a privé de la Coupe d'Afrique des Nations à laquelle il tient tant et de toute la phase retour de la L1. 

Puis il a rechuté, touché au droit antérieur (quadriceps) en août. "Quand j'ai compris que j'en avais pour 2 à 3 mois d'arrêt, j'étais tellement énervé que je suis rentré à la maison directement, je ne voulais parler à personne, a-t-il avoué vendredi. C'est là où il faut être costaud mentalement, qu'il ne faut pas baisser les bras et c'est ce que j'ai fait".

Son retour en grâce le mois dernier n'est donc pas passé inaperçu, à en croire aussi ces pistes exotiques qui se seraient renseignées en fin de mercato pour sonder le phénomène, en fin de contrat avec Bordeaux en juin. 

Pas de quoi émouvoir ni les Girondins ni l'intéressé lui-même qui, après son doublé face à Rennes (4-0), déclarait: "Bordeaux, c'est la famille, je suis très bien ici". Une famille dont il attend désormais un signe en forme de belle prolongation de contrat.

AFP

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