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passport pages 20-21. Crédit photo: Jon Rawlinson via Flickr
passport pages 20-21. Crédit photo: Jon Rawlinson via Flickr

Il est plus facile pour les Américains de voyager en Afrique, que pour les Africains eux-mêmes

Et c'est très embêtant d'un point de vue économique.

Les chiffres sont implacables. En moyenne, un citoyen africain a besoin d'un visa pour se rendre dans 55% des pays du continents, selon un tout récent rapport de la Banque africaine de développement. En comparaison, seuls 45% des Etats africains vont exiger un visa aux ressortissants américains qui se présentent à leurs frontières. Une conclusion limpide s'impose: il est plus facile de voyager en Afrique pour un Américain que pour un habitant d'un pays africain – même si certains citoyens africains sont plus privilégiés que d'autres de ce point de vue. 

«Si les pays regroupés au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) permettent à leurs ressortissants de circuler librement dans les pays de leur zone, ce n’est pas encore tout à fait le cas pour les autres régions du continent. Souvent, ce sont des accords bilatéraux qui règlent la question. À deux exceptions près: les États des Seychelles et de Sao Tomé et Principe. Le premier accueille tout le monde sans visa, le second n’en dispense personne», explique le magazine Jeune Afrique dans un article sur le sujet.

Cette politique assez stricte du visa en Afrique a plusieurs conséquences, outre d'obilger les touristes africains à se vider les poches pour voyager dans un pays voisin. 

«À une époque où les investissements étrangers directs déclinent sur le continent, le commerce transfrontalier entre pays africains pourrait être un facteur crucial de croissance», explique le site Quartz. Mais une accélération des échanges commerciaux régionaux n'est possible qu'avec une libre circulation accrue des biens et des personnes. 

Comme le note Jeune Afrique, on peut encore voir dans de trop nombreux aéroports africains un panneau avec l"avertissement suivant, très courant en Afrique de l'Ouest:

«Un passager n’ayant aucun papier d’identité [du pays] – passeport ou carte d’identité -, qu’il soit noir, parle une langue nationale ou encore qu’il soit cousin avec un bagagiste de l’aéroport est un passager étranger et à ce titre, il doit être muni d’un visa».

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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