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Somalie: les shebab reprennent le contrôle du port stratégique de Merka sans combattre

Les islamistes radicaux somaliens shebab ont pris vendredi le contrôle du port stratégique de Merka, à environ 100 km au sud de Mogadiscio, déserté dans la matinée par les troupes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

La reconquête de Merka par les shebab constitue une prise d'envergure et leur donne de nouveau un accès à la mer, ce qui leur permettait lorsqu'ils contrôlaient le sud somalien de se livrer à de lucratifs trafics, notamment de charbon.

Elle est aussi hautement symbolique: ville historique fondée au 10e siècle, réputée pour la beauté des dunes environnantes et de son art, le grand port de Merka était un des principaux fiefs des shebab après sa conquête en 2008.

On ignorait vendredi les raisons du retrait soudain des forces de l'Amisom du port de Merka, dans une zone normalement sous contrôle du contingent ougandais.

"Les soldats de maintien de la paix de l'Union africaine ont quitté la ville et les combattants shebab sont entrés sans combattre et la contrôlent désormais", a déclaré à la presse le gouverneur de la région de Basse-Shabelle, Ibrahim Adam. 

Le port de Merka, capitale de cette région, était sous contrôle des forces gouvernementales et de l'Amisom depuis août 2012, quand ils en avaient délogé les shebab au terme de combats accrochés.

Des habitants ont confirmé à l'AFP la prise du port, ajoutant que les shebab avaient commencé à s'adresser aux habitants.

"Les forces de l'Amisom se sont retirées de la ville à la mi-journée et toutes les forces de sécurité somaliennes sont parties quelques minutes plus tard", a témoigné Ibrahim Mumin, un habitant de Merka.

"Des combattants shebab lourdement armés ont alors investi la ville. Ils sont en train de parler aux habitants au siège du district", a-t-il ajouté.

Interrogées, des sources gouvernementales à Mogadiscio ont refusé de commenter la prise du port.

- Attentat à Mogadiscio -

Confrontés à la puissance de feu supérieure de l'Amisom, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, refusant le plus souvent le combat conventionnel au profit d'opérations de guérilla et d'attentats suicides. 

Mais ils contrôlent toujours de nombreuses zones rurales et restent une menace pour la sécurité en Somalie et dans les pays voisins, notamment au Kenya où ils ont mené de nombreuses attaques - certaines spectaculaires - faisant au total plus de 400 morts depuis 2013.

Vendredi matin, trois personnes sont mortes dans un attentat à la voiture piégée à Mogadiscio, qui visait un responsable de la sécurité de l'aéroport international et porte la marque de précédentes actions des shebab.

Jusqu'à la prise de Merka vendredi, ces derniers n'avaient pas conquis d'importantes localités depuis l'offensive de l'Amisom et des forces gouvernementales en 2011.

Les services de communication de l'Amisom - environ 22.000 hommes avec pour principaux contingents ceux d'Ouganda (6.000 soldats), du Burundi (5.400), d'Ethiopie (4.400) et du Kenya (3.600) - étaient injoignables vendredi à la mi-journée. 

Ces six derniers mois, plusieurs bases de la force de l'UA ont été la cible d'attaques spectaculaires et meurtrières des insurgés islamistes.

Mi-janvier, un camp du contingent kényan du sud-somalien, qui abritait environ 180 soldats, a ainsi été entièrement détruit et pillé. Les shebab affirment avoir tué plus de 100 soldats kényans à cette occasion, un bilan qui n'a pas été confirmé de source officielle mais jugé crédible par une source sécuritaire régionale.

Cette attaque était la troisième d'ampleur contre une base de l'Amisom dans le sud somalien en six mois. Les islamistes avaient attaqué fin juin une base burundaise à Lego, puis un camp ougandais à Janale, deux localités de la région de Basse-Shabelle. 

En frappant des contingents de trois des principaux pays contributeurs de troupes de l'Amisom, déployée depuis 2007 en Somalie, les islamistes ont pu se targuer de succès militaires devenus rares ces quatre dernières années.

Le pays a sombré dans le chaos depuis la chute de l'autocrate Siad Barre en 1991, livré aux chefs de guerre, gangs criminels et groupes islamistes. La communauté internationale tente d'y rétablir un Etat central mais les élections au suffrage universel prévues en 2016 - les premières depuis plus de 40 ans - semblent largement compromises par la situation sécuritaire.

AFP

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