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Burundi: le journaliste britannique relâché dénonce l'intimidation des médias

Le photojournaliste britannique arrêté fin janvier par la police burundaise a qualifié son expérience d'aperçu "inquiétant" de "l'oppression et l'intimidation" quotidiennes subies par les média dans ce pays en proie à une crise politique émaillée de violences.

Phil Moore et son collègue français Jean-Philippe Rémy, correspondant régional pour l'Afrique du Monde, étaient au Burundi comme envoyés spéciaux pour ce quotidien français. Ils ont été arrêtés le 29 janvier à Bujumbura "au milieu de criminels armés", selon la police, mais finalement relâchés le lendemain sans charge, après une vague de réactions indignées d'associations, de médias et de diplomates. 

"C'est complètement faux", a démenti vendredi dans un communiqué Phil Moore, qui assure ne pas avoir été avec des hommes armés, ni avoir photographié des armes. 

"Que les autorités mentent éhontément sur cette affaire souligne la fiabilité tout relative de leurs déclarations sur des questions beaucoup plus graves", a estimé le photographe indépendant de 34 ans, rentré depuis en Grande-Bretagne.

"Cet épisode est inquiétant au regard de l'espace médiatique qui s'est réduit comme peau de chagrin au Burundi", a poursuivi M. Moore, dont le matériel professionnel comme celui de son confrère n'a pas été restitué depuis leur libération.

"Je suis extrêmement soulagé d'être libre, notre détention a été brève et nous n'avons pas été torturés", a-t-il poursuivi, "malheureusement, ce n'est pas le cas de nombreux Burundais enlevés chaque semaine dans la capitale et dont certains disparaissent tout simplement".

"Toutes les radios indépendantes, qui étaient la première source d'information d'une majeure partie de la population, ont été fermées et de nombreux journalistes burundais contraints à l'exil", a rappelé M. Moore.

"Ceux qui vivent et travaillent encore au Burundi subissent régulièrement des intimidations et une oppression pour informer de ce qui se passe dans le pays: nous avons eu droit aux projecteurs lors de ce moment difficile mais il ne faut pas oublier que c'est le quotidien de ces journalistes", a-t-il insisté.

AFP

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