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Attaque

L'attaque jihadiste qui a fait 30 morts le 15 janvier à Ouagadougou a bien été menée par "trois assaillants", selon les premiers éléments de l'enquête, a déclaré mercredi la procureure burkinabè, précisant qu'une personne était encore en garde à vue. 

"Les investigations menées jusqu'à ce jour renforcent la thèse des trois assaillants", a indiqué la procureure Maiza Sérémé lors d'une conférence de presse au Palais de justice de Ouagadougou. 

Ces trois assaillants ont été tués le 16 janvier au petit matin par les forces de sécurité.

De nombreux témoins avaient fait état de plusieurs jihadistes alors que le Premier ministre français Manuel Valls avait même indiqué, le 19 janvier devant l'Assemblée nationale française, qu'il y avait eu six assaillants, dont trois étaient encore en fuite.

Ces déclarations avaient été infirmées par plusieurs sources concordantes (justice, sécuritaires, diplomatiques) qui soulignaient que les assaillants, "très mobiles", avaient aussi changé de vêtements pendant l'attaque. 

Le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué l'attaque, avait publié le 18 janvier les photos de trois hommes présentés comme ayant constitué le commando alors que le ministre burkinabè de l'Intérieur, Simon Compaoré, avait indiqué qu'il y avait eu trois assaillants. 

Le Premier ministre français s'est "sans doute exprimé sur la base de premiers compte-rendus", corrigés par la suite, a-t-on déclaré de source proche du dossier.

"Sur les trois assaillants, deux ont des traits sahéliens tandis que le troisième, de teint noir, présente des traits soudaniens", a affirmé mercredi la procureure, précisant que les recherches pour déterminer leurs nationalités se poursuivaient.

Mme Sérémé a aussi indiqué qu'une personne était encore en garde à vue dans le cadre de l'enquête.

"Huit individus ont été interpellés depuis le 16 janvier, sept ont été élargis (libérés) pour insuffisance de preuves et une personne est en garde à vue pour des recoupements supplémentaires", a-t-elle dit.

- Retracer le parcours -

"Nous avons retrouvé un lien entre les assaillants et lui", a ajouté le capitaine de gendarmerie Youmandia Lompo, aux côtés de la procureure.

Il existe "une probabilité qu'il y ait eu contact entre au moins un des assaillants et l'individu qui est de nationalité burkinabè", a ajouté l'officier. 

Le 15 janvier, des jihadistes ont attaqué l'hôtel Splendid, le café-restaurant Cappuccino, l'hôtel Yibi et le bar Taxi-Brousse, tous situés sur l'avenue N'Krumah, la plus fréquentée de la capitale Ouagadougou. Ils ont fait 30 morts, majoritairement des Occidentaux, et 71 blessés. 176 personnes au total avaient été pris en otage.

Mme Sérémé a donné le déroulement de l'attaque.

"Le commando de trois assaillants a pris d'assaut" le Cappuccino "autour de 19h30" (locales et GMT) "armé de fusils automatiques d'assaut, de grenades défensives et de combustibles dont la nature reste à déterminer".

"Ils ont ouvert le feu sur les clients du Cappuccino causant la mort de 29 personnes au total, provoqué des explosions à la grenade et mis le feu restaurant ainsi qu'aux véhicules stationnés à l'extérieur", a-t-elle dit.

Les assaillants ont "ensuite occupé l'Hôtel Splendid (de l'autre côté de l'avenue N'Krumah) où ils ont poursuivi les actes de terreur en ôtant la vie à un citoyen (et) blessé par balle des clients", a-t-elle indiqué ajoutant que "plus d'une centaine d'otages" ont été retenus dans l'hôtel.

"Nous sommes en train de retracer tout le déroulé de leur parcours depuis leur entrée au Burkina jusqu'à la commission des faits", a indiqué la procureure soulignant que "plus de 100 témoins" ont déjà déposé.

Du Splendid, les jihadistes ont à nouveau traversé l'avenue pour l'hôtel Yibi "sans faire de victimes supplémentaires" avant de "s'abriter" au bar Taxi-Brousse "acculés par les tirs des forces spéciales burkinabè et françaises" soutenues par un drone américain, a-t-elle dit.

"L'hôtel Splendid a été utilisé comme lieu de repli pour les assaillants", a ajouté le capitaine Lompo.

AFP

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