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Le Nigeria doit en faire plus pour les victimes de Boko Haram

Des experts des droits de l'Homme des Nations unies, de retour du nord-est du Nigeria, ont estimé vendredi que les autorités devaient venir en aide plus activement aux anciennes otages du groupe islamiste Boko Haram.

Au terme d'une mission de cinq jours dans cette région la plus durement touchée par l'insurrection islamiste, les trois rapporteurs spéciaux ont déclaré qu'il était "urgent" que "des mesures effectives soient prises pour faire face à la stigmatisation, à l'ostracisme et au rejet dont sont victimes les femmes et les enfants" suite à leur enlèvement.

L'enlèvement de femmes et de jeunes filles ainsi que la conscription forcée d'hommes et d'adolescents font partie des tactiques très utilisées par Boko Haram, dont l'insurrection a débuté en 2009.

L'enlèvement de plus de 200 lycéennes de leur pensionnat de Chibok, une petite ville du nord-est, en avril 2014, fut le plus médiatisé. 

Toutefois les défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé à plusieurs reprises le kidnapping de plusieurs autres milliers de femmes et de fillettes, parfois mariées de force et souvent victimes de violences physiques et psychologiques.

Suite à une offensive de l'armée l'année dernière, des centaines d'otages de Boko Haram ont retrouvé la liberté. Nombre d'entre elles ont été placées dans des camps de déplacés ou certaines ont pu recevoir un soutien psychologique.

Mais subsiste la crainte qu'elles soient rejetées lors de leur retour, dans cette région musulmane très conservatrice.

"Des initiatives en termes de cohésion sociale et de réconciliation doivent démarrer dès maintenant et s'intensifier au moment où les gens commencent à rentrer", a déclaré un des membres de la mission onusienne dans un communiqué.

Les trois émissaires, spécialisés dans la protection de l'enfance, l'esclavage moderne et les questions de santé, ont salué les efforts réalisés par le Nigeria pour retrouver les otages.

Mais "le manque d'informations sur l'évolution des recherches des personnes enlevées, dont les filles de Chibok" reste très préoccupant, ont-ils estimé.

Parmi les mesures qui doivent être mises en place, les émissaires ont évoqué la construction d'infrastructures scolaires et médicales, dans une région où des écoles ont souvent été rasées ou bien recyclées en camps pour déplacés, et les hôpitaux ont été attaqués.

Le président Muhammadu Buhari a affirmé le mois dernier que Boko Haram avait été vaincu "techniquement". 

L'insurrection islamiste a déjà fait plus de 17.000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés.

AFP

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