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Côte d'Ivoire: le procès de l'assassinat du général Guéï renvoyé

Le procès des assassins présumés du général Robert Guéï, ex-chef de la junte en Côte d'Ivoire, tué en 2012, a été renvoyé au 25 janvier, les avocats de la défense ayant estimé que les faits sont couverts à la fois par une amnistie et la prescription de 10 ans.

Dix-neuf personnes, dont le général Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo, et Anselme Séka Yapo, ancien responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, étaient dans le box des accusés du tribunal militaire à Abidjan pour être jugés pour assassinat et complicité d'assassinat.

A l'ouverture du procès, la défense a estimé qu'il s'était "écoulé plus de dix ans" entre la date de la mort de M. Gueï le 19 septembre 2002 et le début de la procédure qu'elle place en 2015. Les défenseurs ont aussi cité une loi d'amnistie qui selon eux couvre les meurtres du 18 et 19 septembre 2002.  

"Si le tribunal respecte la loi (...) cette procédure est éteinte (...) Mais je n'ai plus foi en ces procès politiques", a affirmé Me Ange Rodrigue Dadje, qualifiant la justice de "sourde et sous pression du pouvoir politique".

De son côté, Me Paul Oumar Singo Tia qui défend la famille Gueï a lui déclaré: "Le procès aura lieu. Pas d'amnistie, pas de prescription". Il assure que la loi d'amnistie excluait les crimes de sang et quant à la prescription, il souligne: "Nous avons déposé la plainte le 10 septembre 2012" quelques jours avant le délai de 10 ans, "et on été entendu le 12". 

Le juge devra décider lundi de reprendre le procès ou de donner raison aux avocats de la défense. 

Surnommé "le père Noël en treillis", Robert Gueï a dirigé la junte militaire installée en Côte d'Ivoire après le coup d'Etat du 24 décembre 1999 contre le président Henri Konan Bédié. 

Le général Gueï avait été vaincu par Laurent Gbagbo à la présidentielle d'octobre 2000 et chassé du pouvoir par la rue alors qu'il tentait de s'y maintenir.

Agé de 61 ans, il avait été tués par balles le 19 septembre 2002, jour d'un coup d'Etat manqué contre Laurent Gbagbo qui avait entraîné la prise de contrôle du nord et de l'ouest du pays par la rébellion. Son épouse, des membres de sa famille et de sa garde rapprochée avaient aussi été tués le même jour.

"C'est la première fois en Côte d'Ivoire" que l'on juge l'assassinat d'un ancien chef d'Etat, a souligné récemment le commissaire du gouvernement (procureur militaire) Ange Kessi. 

AFP

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