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Burkina: "attaque terroriste" sur un hôtel fréquenté par des Occidentaux

Une "attaque terroriste" contre un hôtel et un restaurant de Ouagadougou fréquentés par des Occidentaux a fait "plusieurs morts" vendredi soir et des hommes en armes étaient retranchés dans l'hôtel, moins de deux mois après un assaut similaire de jihadistes au Mali.

Des tirs nourris et des détonations ont éclaté vers 19H45 (locale et GMT) dans le secteur de l'hôtel Splendid et du café restaurant Cappuccino voisin, deux établissements du centre de Ouagadougou prisés par les Occidentaux, a constaté un journaliste de l'AFP à proximité des lieux.

Une dizaine de voitures étaient en feu sur l'avenue Kwame Nkrumah, une des principale artères du centre de la capitale où sont  situés les deux établissements et où des forces de sécurité sont arrivées environ une heure après.

Les coups de feu semblent avoir été tirés par trois hommes armés et enturbannés, selon ce qu'a pu distinguer ce journaliste de l'AFP. Un témoin a affirmé avoir vu quatre assaillants "enturbannés et de type arabe ou blanc".

Selon des témoins, des tireurs étaient retranchés à l'intérieur de l'hôtel, et donc potentiellement avec des otages. Des échanges de tirs sporadiques étaient toujours entendus peu après 22H00 et aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

Selon un employé du Cappuccino joint par l'AFP, l'attaque contre cet établissement a fait "plusieurs morts"

Aucune réaction des autorités burkinabè n'étaient immédiatement disponible, alors que l'attaque est un défi pour le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré, récemment élu.

L'ambassade de France a évoqué sur son site internet une "attaque terroriste" en cours et appelé à "éviter ce périmètre". Une cellule de crise a été mise en place et le vol Air France Paris-Ouagadougou  a été dérouté vers le Niger voisin.

Proche de l'aéroport international de Ouagadougou, qui est situé dans la ville, le Splendid, qui compte 147 chambres, est fréquemment utilisé par des Occidentaux et par du personnel des agences onusiennes. Des contrôles de sécurité étaient en place à l'entrée. 

Cette attaque est inédite dans la capitale burkinabè, mais le pays, membre du "G5 Sahel" consacré notamment à la lutte anti-terroriste et "point d'appui permanent" de l'opération française Barkhane, a déjà été la cible d'opérations jihadistes.

Des forces spéciales françaises sont d'ailleurs stationnées en banlieue de Ouagadougou. 

Une première attaque avait eu lieu vendredi après-midi dans le nord du pays, près de la frontière malienne, au cours de laquelle un gendarme et un civil ont été tués, a indiqué dans la soirée l'armée burkinabè.

Plusieurs attaques de ce type ont eu lieu ces derniers mois, et en avril dernier, le chef de sécurité roumain de la mine de manganèse de Tambao, dans le nord du pays, avait été enlevé par des assaillants, action revendiquée par le groupe islamiste Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar.

L'attaque de vendredi survient un peu moins de deux mois après celle de l'hôtel Radisson Blu à Bamako. Le 20 novembre, une attaque jihadiste avait fait 20 morts dont 14 étrangers dans la capitale malienne, où des hommes armés avaient retenu en otage pendant plusieurs heures environ 150 clients et employés.

Les forces maliennes, appuyées par des forces spéciales françaises et américaines et des agents de l'ONU, étaient intervenues pour mettre fin à la prise d'otages, tuant deux assaillants et "exfiltrant" 133 personnes, selon les autorités.

L'attentat a été revendiqué par deux groupes jihadistes: le 20 novembre par Al-Mourabitoune et le 22 novembre par le Front de libération du Macina (FLM, mouvement jihadiste malien).

Après ces attaques, les services consulaires français au Burkina avaient étendu la "zone rouge" déconseillée aux voyageurs à une large partie du Burkina sans y faire figurer Ouagadougou. Elles avaient toutefois conseillé des mesures de prudence. Des sources sécuritaires avaient émis l'hypothèse d'une attaque jihadiste dans la région.

AFP

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