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Burundi: une rébellion annonce sa création pour chasser Nkurunziza du pouvoir

Un ancien officier supérieur de l'armée burundaise a proclamé mercredi la naissance officielle d'une rébellion, les "Forces républicaines du Burundi", regroupant selon lui les principaux groupes armés opérant dans le pays et qui a pour objectif de "chasser" du pouvoir le président Pierre Nkurunziza.

"Dans le but de protéger la population et ses biens, et après une large concertation, nous avons décidé de former une force armée légaliste dénommée les Forces républicaines du Burundi, le Forebu", a annoncé le lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana, dans un message audio parvenu à l'AFP mercredi.

"Notre objectif est de chasser par la force Nkurunziza du pouvoir pour restaurer l'Accord d'Arusha et la démocratie" au Burundi, a-t-il affirmé après avoir été contacté au téléphone par l'AFP.

L'Accord d'Arusha avait consacré un partage du pouvoir entre Hutu et Tutsi, après une guerre civile qui opposa entre 1993 et 2006 l'armée, majoritairement tutsi, à des groupes rebelles hutu.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril de M. Nkurunziza à un troisième mandat, que l'opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha.

Un embryon de rébellion harcelait depuis plusieurs mois les forces de l'ordre à Bujumbura et en province. Mais sa création n'avait jamais été officialisée et elle n'avait pas de nom.

Le lieutenant-colonel Nshimirimana était officier supérieur en charge des transmissions dans l'armée burundaise. Il a déserté le 26 septembre et serait désormais basé dans la province de Bujumbura-rural, qui surplombe la capitale.

Il serait à la tête d'un important groupe armé, composé essentiellement de déserteurs de l'armée et de la police, et s'est présenté comme "un des officiers d'état-major" de la nouvelle rébellion.

"Face à la violence féroce de l'Etat, et suite au refus catégorique et arrogant de tout dialogue", il dit n'avoir d'autre choix que le recours à la force pour "protéger les populations" et "redonner toute sa vigueur à l'esprit de l'Accord d'Arusha".

Il accuse le président d'avoir fait perdre tout "honneur" aux forces de sécurité, en les poussant à commettre nombre d'exactions, et "à ce titre, ne mérite plus d'être considéré comme commandant suprême" de ces dernières.

"Par son comportement irresponsable", M. Nkurunziza a aussi provoqué la division au sein des corps de l'armée et de la police, qui étaient jusque-là perçus comme des "références d'intégration" entre les Hutu et les Tutsi, a encore estimé cet officier. 

L'Accord d'Arusha avait consacré la parité dans l'armée et la police entre les deux ethnies.

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