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Tunisie: 13 ONG dénoncent les lourdes condamnations pour homosexualité

Treize ONG ont vivement dénoncé mercredi les lourdes condamnations pour "pratiques homosexuelles" prononcées contre six étudiants de Kairouan (centre), et réclamé à nouveau l'abrogation de l'article 230 du code pénal tunisien, qui pénalise l'homosexualité.

Arrêtés début décembre à la suite de "plaintes de voisins" selon leur avocate, six jeunes adultes ont été condamnés jeudi dernier par un tribunal de Kairouan à trois ans de prison ferme chacun, soit la peine maximale prévue par la loi, ainsi qu'à une interdiction de séjour de trois ans dans la ville.

"Ces condamnations contredisent le droit international et sont contraires au droit à la vie privée et à la non-discrimination en vertu de la constitution" tunisienne de 2014, écrivent les 13 ONG signataires.

"Alors que les Tunisiens célébraient le prix Nobel de la paix", remis le 10 décembre au quartette ayant contribué au succès de la transition démocratique, un tribunal prononçait contre six étudiants des peines "dignes du Moyen-âge, avec une atteinte flagrante à leur vie privée et à leur intégrité corporelle", déplore Amna Guellali, de Human Rights Watch (HRW).

Les 13 ONG s'insurgent notamment du recours durant la procédure à des tests anaux, un traitement qu'elles jugent "cruel, inhumain et dégradant". Le gouvernement doit "immédiatement" prendre des mesures pour mettre un terme à de tels examens visant à "déterminer le comportement sexuel des individus", plaident-elles.

Quant au jugement d'interdiction de séjour prononcé par le tribunal de Kairouan, prévu par l'article 5 du code pénal, il n'avait jamais été prononcé "à ma connaissance, (...) même du temps (du régime) de Ben Ali", renchérit Mokhtar Trifi, de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Dans ce contexte, les 13 ONG réitèrent "leur appel aux autorités tunisiennes à abroger l'article 230" du code pénal, et critiquent la récente opposition du président Béji Caïd Essebsi durant un entretien à une télévision égyptienne.

"Au lieu de défendre les lois répressives comme celle pénalisant l'homosexualité, le président (...) devrait diriger les efforts visant à réformer les lois en conflit" avec la Constitution, avance Ramy Salhi, directeur Maghreb du réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH).

Les ONG rappellent, enfin, qu'un autre procès pour "homosexualité" est en cours contre un étudiant de la région de Sousse (centre-est). Condamné en septembre à un an de prison ferme, il a été remis en liberté dans l'attente du verdict de son procès en appel, prévu ce jeudi.

AFP

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