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Burundi: un projet de résolution de l'ONU demande une enquête "en urgence"

Un projet de résolution déposé lundi au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU appelle au déploiement "en urgence" d'une mission au Burundi pour enquêter sur de possibles violations dans ce pays en proie à la violence depuis plusieurs mois.

La résolution sera débattue jeudi lors d'une session extraordinaire du Conseil à Genève, saisi par les Etats-Unis pour examiner la situation au Burundi, où une attaque coordonnée vendredi contre trois camps militaires attribuée à des insurgés a fait près de 90 morts, selon des sources officielles.

Dans plusieurs quartiers de Bujumbura, les habitants ont accusé les forces de l'ordre d'avoir arrêté tous les jeunes qu'ils rencontraient et de les avoir exécutés sommairement, plusieurs heures après les attaques.

Ces violences sont les plus graves depuis un coup d'Etat manqué en mai, déclenché par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu à l'élection qui a suivi en juillet.

Le texte appelle le Haut-commissaire aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein à "déployer en urgence et aussi vite que possible une mission (...) pour mener une enquête rapide et complète sur les violations des droits de l'Homme" dans ce pays.

Les signataires demandent que soient fournies au Conseil "toutes les ressources nécessaires pour remplir son mandat", et notamment que le gouvernement burundais autorise la présence d'experts étrangers.

Le Burundi a plongé dans une grave crise depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat que l'opposition, la société civile et une partie de son camp estiment contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).

La réélection controversée de M. Nkurunziza en juillet n'a pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

Depuis le début des troubles, plusieurs centaines de personnes ont été tuées et plus de 200.000 personnes ont quitté le pays, selon l'ONU.

Les violences quasi-quotidiennes, attribuées à la police, aux partisans du pouvoir ou à ses adversaires, laissent craindre un retour de violences à grande échelle, dans un pays à l'histoire post-coloniale marquée par des massacres entre majorité hutu et minorité tutsi.

AFP

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