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 Des élèves se réunissent dans la cour de l'école Bashayer, à Benghazi, le 13 décembre 2015. Crédit photo: AFP/ABDULLAH DOMA
Des élèves se réunissent dans la cour de l'école Bashayer, à Benghazi, le 13 décembre 2015. Crédit photo: AFP/ABDULLAH DOMA

Fermée depuis 18 mois, l'école reprend à Benghazi en Libye

Une bonne nouvelle au milieu de la guerre civile qui ravage toujours le pays.

C'est une goutte d'eau dans un océan de chaos, mais c'est un petit signe d'espoir dans une ville et un pays ravagés par la guerre civile depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

Les enfants de Benghazi, grande ville de l'est de la Libye, ont repris dimanche le chemin de l'école pour la première fois depuis le début de la guerre il y a un an et demi, bravant les combats qui continuent à faire rage. «Je suis heureuse de retourner à l'école, tout est de nouveau normal», confie une fillette de 13 ans avant d'entrer en classe dans l'école Bashayer.

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L'établissement n'est qu'à 500 mètres d'une zone où font rage de violents combats entre les forces du gouvernement libyen reconnu internationalement et des groupes armés, certains jihadistes. Ces affrontements ont fait près de 2.000 morts à Benghazi depuis 2014, selon l'organisation indépendante Libya Body Count.

Mais la fillette, qui porte un chatoyant voile jaune aux motifs fleuris, affirme avec un large sourire aux lèvres: «je n'ai pas peur».

Deux gouvernements

Dans la cour, les élèves semblent aussi avoir oublié que Benghazi, berceau de la révolution libyenne paie le plus lourd tribut de l'instabilité qui règne dans le pays depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. En jean et sweat-shirts, un groupe de garçons improvisent un match de football dans la cour de récréation quand d'autres se chamaillent. Les parents, eux, regardent au loin leur progéniture reprendre le chemin du savoir, soulagés.

«Si Dieu le veut, la rentrée scolaire sera suivie d'un retour de la sécurité à Benghazi», espère Abd al-Aziz al Dinali après avoir accompagné ses deux enfants.

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La Libye est déchirée entre deux gouvernements qui se disputent le pouvoir, l'un basé à Tripoli, et l'autre dans l'est du pays, seul reconnu internationalement, une situation qui a favorisé le renforcement de groupes comme l'État islamique (EI).

À Benghazi, pendant plus d'un an, les enfants ont suivi des cours à distance grâce à un système d'urgence qui voyait leurs parents se rendre au ministère pour récupérer cours et manuels. Après les avoir étudié à la maison, les élèves se rendaient à l'école seulement pour passer les examens. Si aucune mesure de sécurité supplémentaire n'a été prise directement dans l'école pour cette rentrée, les parents doivent cependant passer par le filtre des nombreux checkpoints installés dans la ville avant d'arriver.

Et l'ombre de la guerre continue de planer sur cette rentrée qui intervient avec deux mois de retard par rapport au reste du pays. À Benghazi, le gouvernement n'a pu fournir ni livre, ni uniforme aux élèves des écoles primaires et des collèges. 

«Venez»

Ce dimanche, seules un tiers des écoles - 77 écoles sur 254 - ont ouvert leurs portes. Selon l'ONU, 100.000 personnes ont fui leurs maisons en raison des combats dans la ville et ont dû être hébergées en urgence. 64 écoles sont ainsi réquisitionnées pour accueillir les déplacés, a expliqué à l'AFP le porte-parole du bureau chargé de l'éducation, Ahmed Qabaili. D'autres établissements sont fermés car situés en pleine zone de combats.

Une trentaine d'école servent aussi à accueillir les étudiants dont les universités se trouvent en zones de guerre.

Une situation qui désole les parents dans un pays où le taux d'alphabétisation était de 99,9% pour les jeunes de 15 à 24 ans, garçons ou filles, en 2012, selon l'Unicef. Environ un tiers de la population libyenne avait moins de 18 ans en 2012, d'après cette agence de l'ONU.

A Benghazi, le gouvernement reconnu par la communauté internationale envisage de faire des rotations dans la journée pour arriver à scolariser davantage d'enfants dans les écoles qui ont pu ouvrir. Alors que la communauté internationale peine à convaincre les principales factions politiques du pays à former un gouvernement d'union nationale pour sortir du conflit, les élèves de Benghazi sont déterminés à poursuivre leurs études malgré tout.

«À ceux qui ne sont pas venus aujourd'hui, je dis: "venez"», lance ainsi Mohammed Abdelaziz, un écolier de 11 ans.

Slate Afrique avec AFP

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