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Dernier coup de collier pour sceller un accord sur le climat

Obama, Kerry, Xi, Ban... A Pékin, Washington mais surtout au Bourget, près de Paris, les tractations se sont accélérées vendredi pour garantir l'adoption d'un accord mondial pour lutter contre le réchauffement climatique, à l'issue de douze jours de négociations marathon.

Pas plus que les précédentes conférences internationales sur le climat, la COP21 n'a respecté son calendrier. Sa clôture, initialement prévue vendredi soir, a été reportée à samedi, en raison d'un regain de crispations entre pays du nord et du sud, en particulier sur les financements.

"Nous sommes presque au bout du chemin, je suis optimiste", a toutefois assuré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui, en tant que président de la conférence.

"Je serai en mesure demain matin (samedi) à 9H00 de présenter à l'ensemble des parties un texte qui, j'en suis sûr, sera approuvé et sera un grand pas en avant pour l'ensemble de l'humanité", s'est-il avancé.

Son homologue américain John Kerry, très impliqué dans les pourparlers de jour comme de nuit, s'est montré plus prudent. "Il est possible" que la conférence se termine "à un moment donné demain", a-t-il dit. "Il y a toujours un ou deux sujets très difficiles."

Encore plus mesuré, le ministre de l'Environnement indien, Prakash Javadekar, a rappelé que "le succès n'était pas garanti", reprenant une mise en garde du président François Hollande. 

"On fait tout pour éviter un refus d'adoption en séance (samedi), c'est pour cela que cela prend du temps", a-t-on expliqué dans l'entourage de Laurent Fabius, qui enchaînait les tête à tête avec les chefs des différentes délégations.

A des milliers de kilomètres du Bourget, les présidents américain Barack Obama et chinois Xi Jinping sont convenus au téléphone de renforcer leurs efforts pour parvenir à un accord "ambitieux".

- 'la plus importante pour l'humanité' -

Les négociateurs de 195 pays ont de leur côté repris les échanges informels, après deux nuits blanches qui mettent leur organisme à rude épreuve.

"Avec la fatigue on est tous sur les nerfs", confiait Yannick Baglo, un des négociateurs du Bénin. 

Egalement sur le pont, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rencontré tour à tour les représentants de Singapour, de l'Inde, de l'Afrique du Sud... 

Habitué des négociations internationales, il a jugé que la COP21 était "de loin la plus compliquée, la plus difficile, mais aussi la plus importante pour l'humanité".

"J'exhorte tous les négociateurs à prendre des décisions pour notre avenir commun, a-t-il ajouté. Ce n'est plus l'heure de camper sur ses perspectives nationales."

Depuis deux semaines, tous s'accordent publiquement sur la nécessité de conclure un accord "ambitieux", seul moyen d'empêcher l'aggravation des vagues de chaleur, sécheresses, inondations...

- 'la pilule des finances' -

Les tensions ont ressurgi jeudi soir après la présentation d'une nouvelle ébauche d'accord qui laisse ouverts les trois sujets les plus délicats: la "différenciation" (répartition des efforts entre les pays développés et en développement), les financements et l'ambition du pacte.

Sur ce dernier point, le projet fixe désormais un objectif de réchauffement de la planète "bien en-deçà" de 2°C par rapport au niveau pré-industriel et mentionne "la poursuite des efforts pour limiter la hausse à 1,5°C". 

Cette limite est une revendication d'une centaine de pays, notamment des états insulaires, menacés par la hausse du niveau des océans. Mais les grands producteurs d'énergies fossiles, comme l'Arabie saoudite et la Russie, s'y opposent.

Selon des scientifiques cependant, le texte est trop "vague" sur les mesures qui s'imposeraient pour parvenir à cet objectif.

En amont de la conférence, la quasi-totalité des Etats ont pris des engagements pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre mais leurs efforts placeraient la planète sur une hausse du thermomètre mondial estimée à +3°C.

Pour faire mieux, le principe d'une révision obligatoire de ces objectifs nationaux tous les cinq ans est acté. Mais le projet d'accord fixe à 2025 la première révision. Beaucoup trop tard, selon les ONG.

Côté finances, le pré-accord précise que l'enveloppe de 100 milliards de dollars par an que les pays riches ont promis de verser aux pays du Sud à partir de 2020 est un "plancher".

"La pilule a du mal a passer sur la partie finances jugée par plusieurs pays, dont l'Union européenne, les Etats-Unis ou l'Australie, comme étant trop en faveur des pays en développement", a estimé Pascal Canfin, ancien ministre français et expert du centre de recherches américain WRI.

AFP

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