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Optimisme affiché

L'accord tant espéré pour lutter contre le réchauffement de la planète se fait attendre vendredi, mais la présidence française de la conférence affichait son optimisme, se disant certaine qu'un "grand pas en avant pour l'humanité" serait bientôt franchi.

Prenant acte des désaccords exprimés avec vigueur dans la nuit, la présidence de cette COP 21 n'a eu d'autre choix que de reporter à samedi la présentation d'un projet d'accord et son approbation, initialement prévue pour vendredi soir. 

"Nous sommes presque au bout du chemin, je suis optimiste", a toutefois assuré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui préside la conférence. 

"Je serai en mesure demain matin (samedi) à 9H00 de présenter à l'ensemble des parties un texte qui, j'en suis sûr, sera approuvé et sera un grand pas en avant pour l'ensemble de l'humanité", a-t-il ajouté.

Les négociateurs de 195 pays, qui ont enchaîné deux nuits blanches consécutives, ont donc repris les échanges informels, à huis clos, sur le site du Bourget, près de Paris.

L'activité diplomatique dépassait ce cadre: les présidents américain Barack Obama et chinois Xi Jinping sont convenus au téléphone de renforcer leurs efforts pour parvenir à un accord.

Après avoir rencontré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Laurent Fabius s'entretenait à la mi-journée avec son homologue américain John Kerry.

Le but de ces échanges: surmonter les différends qui ont ressurgi lors d'une séance nocturne. "Chaque pays est en train de remonter ses lignes rouges", a relevé en pleine nuit, sur Twitter, le député écologiste belge Jean-Marc Nollet, qui suivait les débats.

"La nuit a été rude", a confirmé au petit matin Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. "Au lieu d'avancer vers des compromis, chaque pays s'est plutôt retranché derrière ses positions."

- '24 heures pour revenir à l'essentiel' -

Ces tensions surgissent après deux semaines à l'ambiance plutôt feutrée, où tous s'accordaient publiquement sur la nécessité de conclure un accord "ambitieux", seul moyen d'empêcher l'aggravation des vagues de chaleur, sécheresses, inondations...

Elles ont ressurgi après la présentation d'une nouvelle ébauche d'accord qui laisse ouverts les trois sujets les "plus complexes", selon Laurent Fabius: la "différenciation" (répartition des efforts entre les pays développés et en développement), les "financements" et "l'ambition" de l'accord.

Sur ce dernier point, le projet fixe désormais un objectif de réchauffement de la planète "bien en-deçà" de 2°C par rapport au niveau pré-industriel et "la poursuite des efforts pour limiter la hausse à 1,5°C". 

Cette limite de 1,5°C est une revendication d'une centaine de pays, notamment des pays insulaires, menacés par la hausse du niveau des océans.

Mais les grands producteurs d'énergies fossiles, comme l'Arabie saoudite et la Russie, s'y sont vigoureusement opposés lors des débats nocturnes, selon le député Nollet.

En amont de la conférence, la quasi-totalité des Etats ont pris des engagements pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre mais leurs efforts, s'ils se concrétisaient, placeraient la planète sur une hausse du thermomètre mondial estimée à +3°C.

Pour faire mieux, le principe d'une révision obligatoire de ces objectifs nationaux tous les cinq ans est acté. Mais le projet d'accord fixe à 2025 la première révision. Beaucoup trop tard, critiquent les ONG.

Côté finances, le pré-accord précise que l'enveloppe de 100 milliards de dollars par an que les pays riches ont promis de verser aux pays du Sud à partir de 2020 est un "plancher" et que les pays développés présenteront "périodiquement" des "objectifs quantifiés".

"La pilule a du mal a passer sur la partie finances jugée par plusieurs pays, dont l'Union européenne, les Etats-Unis ou l'Australie, comme étant trop en faveur des pays en développement", a estimé Pascal Canfin, ancien ministre français et expert du cenre de recherches américain WRI.

"Tous les espoirs sont encore possibles mais la tentation des postures peut encore prévaloir", a mis en garde l'écologiste Nicolas Hulot, envoyé spécial du président français François Hollande pour la protection de la planète.

"Il reste 24 heures, 24 heures pour revenir à l'essentiel, on peut encore construire l'avenir. Mais la fenêtre se rétrécit de jour en jour", a-t-il encore dit, appelant les chefs d'Etat "à se grandir à cet instant crucial pour l'humanité".

AFP

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