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 Des petits manchots du Cap à la Fondation pour la conservation des oiseaux des côtes, au Cap, le 30 novembre 2013 AFP/Archives
Des petits manchots du Cap à la Fondation pour la conservation des oiseaux des côtes, au Cap, le 30 novembre 2013 AFP/Archives

Personne ne sait comment sauver les manchots du Cap de l'extinction

Les variations de température des eaux le long des côtes sud-africaines les ont privé de leurs sources d'alimentation.

Dans les eaux froides et limpides de la plage de Boulders au Cap, les manchots nagent parmi les touristes. Cette vision idyllique de la cohabitation entre l'Homme et le monde animal masque pourtant une tout autre réalité: ces palmipèdes sont menacés de disparition. La faute au changement climatique?

Les manchots du Cap, qui émettent de petits cris rauques semblables aux braiments d'ânes, vivent uniquement en Afrique du Sud et en Namibie voisine. Ils se nourrissent de bancs de poissons évoluant dans le courant froid de Benguela qui remonte la côte ouest du continent depuis l'Afrique du Sud.

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Mais de 2004 à 2014, le nombre de couples reproducteurs a chuté de 90% dans les colonies sud-africaines au nord du Cap, passant d'environ 32.000 à quelque 3.000, selon des chiffres officiels. Ces oiseaux paient le prix du changement de comportement de leur principale proie, les sardines et les anchois. Les bancs de poissons se sont déplacés vers le sud et vers l'est, s'éloignant des colonies de manchots situées sur la côte ouest de l'Afrique.

Le débat fait rage parmi les scientifiques sur la ou les raisons de cette évolution: ils avancent le rôle possible de la sur-pêche et du changement climatique.

En cause, le changement de température de l'océan

«La répartition des poissons a de toute évidence changé, mais la cause de cette modification reste un grand mystère», estime Rob Crawford, scientifique au ministère sud-africain de l'Environnement. «La sur-pêche et le changement climatique sont les deux principales hypothèses avancées, mais il est très difficile de déterminer si l'une des deux prime sur l'autre», dit-il à l'AFP.

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«La région qui était plus favorable à la reproduction des anchois et des sardines s'est modifiée en raison des changements de température à la surface de la mer dans les années 90 et au début des années 2000», estime de son côté Richard Sherley, chercheur à l'université anglaise d'Exeter et expert du manchot du Cap. 

Sans pouvoir affirmer que le changement climatique soit responsable du déclin de la population de manchots, «nous estimons qu'il joue un rôle important», avance-t-il auprès de l'AFP. Une certitude s'impose cependant: l'Homme est responsable du fort déclin initial des manchots du Cap, classés parmi les espèces en danger de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Un déplacement de la colonie

Les habitants de la côte ont longtemps consommé les oeufs de manchots. Leur ramassage est interdit depuis 1967 mais leur nombre continue à baisser. Dans les années 20, on comptait un million de paires reproductrices en Afrique du Sud, contre tout juste 19.000 en 2012, selon le ministère de l'Environnement.

L'une des colonies traditionnelles les plus touchées est celle de Robben Island, l'île tristement célèbre pour avoir abrité les geôles de Nelson Mandela et des principaux combattants de l'apartheid. La population de manchots du Cap en Namibie a également baissé de façon drastique, passant de 12.162 couples reproducteurs en 1978 à 4.563 paires en 2008, selon l'organisation Birdlife International.

En Afrique australe, des scientifiques envisagent désormais une solution radicale pour tenter de sauver les manchots du Cap: les déménager et établir une nouvelle colonie sur la côte sud, plus proche de leurs sources de nourriture. Pour éviter tout traumatisme à ces oiseaux noirs et blancs incapables de voler, tout sera fait pour donner l'illusion que la colonie existait déjà, explique l'organisation Birdlife South Africa, à l'origine du projet.

Des sons seront enregistrés, des leurres seront posés et des miroirs installés pour laisser croire aux manchots qu'ils sont bien plus nombreux qu'en réalité.

Slate Afrique avec AFP

Slate Afrique avec AFP

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