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Génocide au Rwanda: des militaires français réfutent des accusations "invraisemblables" et "monstrueuses"

Des officiers de l'armée française, dont le chef de l'opération Turquoise au Rwanda en 1994, ont réfuté les accusations "invraisemblables" et "monstrueuses" de complicité de génocide portées par des associations parties civiles dans une enquête menée à Paris.

La Fédération internationale et la Ligue des droits de l'homme (FIDH et LDH) et l'association Survie ont demandé le 24 novembre la mise en examen pour complicité de génocide de deux officiers, Jacques Rosier, qui commandait les forces spéciales, et Marin Gillier, en charge d'un commando de fusiliers marins. Elles les accusent d'avoir abandonné aux massacres des centaines de civils tutsi sur les collines de Bisesero, fin juin 1994.

Lancée le 22 juin sous mandat de l'Onu, l'opération Turquoise "a protégé des centaines de milliers de personnes" et sauvé "des dizaines de milliers de vies tutsies", répondent les deux officiers, dans un communiqué également signé par l'ancien chef de Turquoise, le général Jean-Claude Lafourcade.

"Nous avons toujours exprimé notre volonté de témoigner" dans l'enquête "pour mettre enfin un terme à des accusations aussi invraisemblables que monstrueuses de +complicité de génocide+", ajoutent-ils.

L'enquête avait été lancée en 2005 après une plainte de rescapés qui reprochent à des militaires français de s'être présentés le 27 juin 1994 à Bisesero et d'avoir promis aux Tutsi de revenir pour ne le faire que le 30 juin. Pendant ces trois jours, des centaines de personnes ont été massacrées.

Les juges enquêtent sur ce que savaient les officiers sur place et la hiérarchie militaire. 

Ils disposent du témoignage du lieutenant-colonel Jean-Rémy Duval, qui a assuré avoir effectué une reconnaissance le 27 avec une douzaine d'hommes puis avoir relayé ses craintes, à son retour à la base, par téléphone puis par fax. Il dit avoir rendu compte à son supérieur Jacques Rosier, qui nie. Mais ce dernier a été confronté lors d'une audition chez le juge à une vidéo du 28 juin 1994 où un sous-officier lui fait état de blessés découverts "+hier dans le patelin+, dont certains avaient la chair qui pendait". En outre, plusieurs documents à la procédure attestent que l'information sur Bisesero a circulé avant le 30 juin au sein de l'armée.

Les militaires dénoncent "la reconstruction mensongère des faits, la dénaturation des pièces de la procédure pénale et l'articulation fallacieuse des témoignages contenues dans ces articles de presse".

"Nous réaffirmons notre fierté de ce que nous avons accompli au Rwanda lors de cette brève opération, alors que la France s'est trouvée seule à s'engager réellement pour mettre fin au génocide", ajoutent-ils.

AFP

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