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Des combattants de d'une milice de «l'Aube libyenne», le 17 mars 2017 près de Syrte. Crédit photo: REUTERS/Goran Tomasevic
Des combattants de d'une milice de «l'Aube libyenne», le 17 mars 2017 près de Syrte. Crédit photo: REUTERS/Goran Tomasevic

L'Etat islamique a fait de la Libye sa nouvelle cible, mais y subit aussi des revers

L'organisation terroriste a perdu la ville de Derna et fait face à une «forte résistance de la population».

C'est un nouveau front ouvert par l'Etat islamique (EI) depuis à peine plus d'un an, en octobre 2014. À cette date, les premiers combattants djihadistes étaient à peine quelques centaines. Selon le journal Libération, qui consacre un large dossier au sujet dans son édition du 2 décembre, seulement 400 hommes de l'EI étaient présents à Syrte, bastion de l'organisation dans le pays. Ils seraient cinq fois plus nombreux aujourd'hui. 

«Avec les bombardements internationaux, nous avons constaté plus d'arrivées de djihadistes à Syrte (...) Si les pays frappent en Syrie et en Irak, il faut aussi le faire ici», a confié le sergent Mohamed Tusky, de la Chambre opérationnelle militaire de Misrata, à Libération.

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D'un point de vue militaire, l'Etat islamique a d'abord pris position dans l'est de la Libye en octobre 2014. C'est la ville de Derna qui devient la première base du groupe terroriste dans la région, mais aussi la première implantation directe des hommes d'Abou Bakr al-Baghdadi hors de la zone irako-syrienne. Puis, l'Etat islamique s'empare de Syrte, toujours sur la côte méditerranéenne, mais plus à l'ouest, en février 2015.  «Aujourd'hui, Syrte est une colonie gérée de manière active par l'Etat islamique, composé de combattants étrangers qui viennent des pays alentours», souligne le New York Times qui s'appuie sur les récits d'habitants de la ville.

Si les troupes d'Abou Bakr al-Baghdadi ont perdu le contrôle de Derna en juin 2015, «un choc pour eux», selon les mots de Mary Fitzgerald, spécialiste des mouvements islamistes en Libye interrogé par Libération, le pays est bien devenu la nouvelle cible du groupe terroriste. 

«Une forte résistance de la population»

Notamment en raison des bombardement sur Raqqa, fief de l'Etat islamique en Syrie. Effet ricochet de cette offensive, «le commandant de Daech demande aux nouvelles recrues de se diriger vers la Libye, et non plus la Syrie, surtout depuis les frappes russes»affirmait à l'AFP le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Dayri, le 17 novembre, en citant «des informations fiables». Selon le New York Times, les djihadistes se préparent à perdre Raqqa, ce qui a poussé les têtes pensantes de l'organisation a repensé leur stratégie. Toujours selon des informations du quotidien américain, l'un des chefs irakiens de l'EI, Abou Ali al-Anbari, serait arrivé en bateau à Syrte.

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Cependant, l'Etat islamique en Libye est, pour le moment loin d'avoir la même capacité militaire de son grand frère de la zone irako-syrienne, ni le même «prestige» auprès des combattants étrangers. «Les responsables militaires ont pu constater l'arrivée massive d'étrangers notamment venus des pays du Golfe, de Tunisie ou d'Afrique subsaharienne», note Libération, mais la présence d'Européens n'a pas été établit à l'heure actuelle.

Le groupe jihadiste a établi une tête de pont en Libye mais son expansion est freinée par des difficultés de financement et l'hostilité de la population, selon des experts de l'ONU cités par l'AFP. Le groupe «fait face à une forte résistance de la population ainsi qu'à des difficultés à bâtir et entretenir des alliances locales», affirment les experts, qui ajoutent: «Pour l'instant, l'EI semble freiné dans sa capacité à s'étendre rapidement à partir de sa place forte actuelle (...) L'EI est certes capable de commettre des attaques terroristes partout en Libye mais son nombre limité de combattants ne lui permet pas une rapide expansion territoriale».

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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