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RDC: contre-attaque visant des rebelles ougandais après une nouvelle tuerie dans l'est

Les Casques bleus et l'armée congolaise ont contre-attaqué mardi face aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) accusés d'une nouvelle tuerie dimanche dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Nous avons suivi la piste des ADF qui ont attaqué la ville d'Eringeti" dans le nord de la province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP le général de division Jean Baillaud, commandant par intérim de la Force militaire de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco).

"Nous avons décidé de les engager au lever du jour avec des hélicoptères d'attaque", a ajouté l'officier, indiquant que l'artillerie avait suivi et que les opérations se déroulaient à quelques kilomètres au sud-est d'Eringeti, "dans une zone maraîchère vidée de sa population".

"C'est une opération qui se fait de manière conjointe avec les FARDC" (Forces armées de la RDC), a précisé le colonel Félix-Prosper Basse, porte-parole de la Monusco, "pour le moment, les troupes sont au sol, engagées".

Aucun porte-parole des FARDC n'avait pu être joint pour donner davantage de détail sur l'implication de l'armée congolaise dans cette opération. La coopération militaire entre FARDC et Monusco est pratiquement au point mort, à quelques exceptions près, depuis le début de l'année en raison d'une brouille entre l'ONU et les autorités de Kinshasa. 

Les deux officiers onusiens ont jugé prématuré de fournir un bilan des opérations alors que celles-ci étaient encore en cours vers 14H30 (13H30 GMT).

Située dans le territoire de Beni, à la lisière de la province de l'Ituri, Eringeti a été attaquée dimanche par des rebelles ADF. Après plusieurs heures de combats contre les FARDC et la Monusco, les rebelles ont fini par se retirer.

Selon l'ONU, 24 personnes ont été tuées: un Casque bleu malawite, quatre soldats congolais, 7 civils "tués à la machette à l'hôpital" - ce qu'a confirmé un témoin - et 12 assaillants.

- Qui ravitaille les rebelles ? -

Rebelles musulmans opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'Est congolais depuis vingt ans. Ils sont accusés d'être responsables d'une succession de massacres et d'attaques dans le territoire de Beni et aux confins de l'Ituri ayant coûté la vie à plus de 500 civils depuis octobre 2014, selon l'ONU.

Selon le général Baillaud, les troupes de la Brigade d'intervention de la Monusco, corps de 3.000 hommes autorisé à recourir à la force de manière offensive, faisaient face mardi à "plus de 200 combattants" de cette milice "avec des femmes armées et des enfants soldats".

Interrogé sur la thèse de certaines ONG locales selon laquelle les ADF, auraient été renforcées en éléments étrangers et auraient pris depuis quelques mois un virage "jihadiste", le général français a affirmé qu'il fallait "prendre ces allégations extrêmement au sérieux. Il faut faire un travail de fond pour les vérifier".

On observe une "agressivité" nouvelle chez ces rebelles, a noté le général. "Ils ont été renforcés en effectifs. Ils ont des armes lourdes, des mortiers, des mitrailleuses lourdes, ils ont beaucoup de munitions", ce qui n'était pas le cas il y a quelques mois, et "cela pose la question de savoir qui les ravitaille".

Pour compliquer les choses, "les combattants hommes portent des uniformes FARDC", a ajouté l'officier.

L'attaque de dimanche a provoqué un fort déplacement de population dans les environs d'Eringeti.

A Oicha, "la population a peur et certains commencent à quitter pour se diriger vers Beni", a déclaré lundi Georges Kitambala, enseignant dans cette ville à mi-distance entre Eringeti et Beni, place commerciale importante à environ 250 km au nord de Goma.

"Aujourd'hui, il n'y a pas d'activité, pas d'école, pas de marché, et aucune boutique n'a ouvert", a ajouté M. Kitambala, joint par téléphone.

Après l'attaque de dimanche, plusieurs ONG d'Eringeti et d'Oicha ont appelé à respecter un deuil de trois jours, sans activité.

Selon Teddy Kataliko, président de l'ONG Société civile du territoire de Beni, la première journée a été une "réussite".

"D'Oicha à Eringeti, aucune activité n'a été observée aujourd'hui", a-t-il assuré, "la population en a marre des tueries et nous continuons de demander au gouvernement d'assurer la sécurité de la population".

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