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Bangui attend le pape dans la joie et l'inquiétude sécuritaire

Soldats prépositionnés aux carrefours stratégiques, déplacés décorant leur camp de fortune ou répétition de scouts devant la cathédrale: dans la capitale centrafricaine placée sous haute sécurité en raison des violences intercommunautaires, chacun s'activait samedi soir pour que "tout soit prêt" à l'arrivée du pape François le lendemain. 

Le couvre-feu sonnera bientôt, les rues de Bangui se videront. Mais aux dernières lueurs du soleil, un joyeux bazar règne encore sur le parvis de la cathédrale, alors qu'on met une ultime couche de goudron pour camoufler les ornières de la route principale. 

Yolande, une paroissienne, est venue acheter des polos à l'effigie du pape. "Pour mes fils qui assisteront demain (dimanche) à la messe. C'est un événement tellement exceptionnel, je ne sais pas si nous pourrons revivre ça un jour", explique-t-elle. 

Depuis des semaines, marchés de la capitale et vendeurs ambulants écoulent à prix d'or statues de la Vierge, drapeaux aux couleurs du Vatican et pagnes. 

"7.500 francs CFA (12 euros) le tee-shirt qu'on va porter deux jours, c'est exagéré, la situation est difficile", grogne un vieil homme, en allusion à la crise qui ravage le pays depuis deux ans et dont les Centrafricains peinent à se relever.

Beaucoup se rabattent sur des couronnes en papier plus abordables - 200 francs CFA - qui souhaitent en langue locale sango la bienvenue au pape: "Nzoni gango na tobwa François!".

- 'Eviter toute mauvaise surprise' -

A quelques mètres de là, le capitaine Kamrul donne les dernières instructions à ses hommes en treillis: c'est le bataillon bangladais de la force onusienne Minusca qui sera chargé de sécuriser les environs de l'église durant la nuit, "afin d'éviter toute mauvaise surprise", explique-t-il en anglais.

Cette visite de deux jours, la plus sensible de cette première tournée africaine qui a déjà mené le pape au Kenya et en Ouganda, se fera sous haute sécurité.

Plusieurs flambées de violences ont secoué Bangui depuis septembre, faisant des dizaines de morts dans des affrontements entre milices chrétiennes anti-balaka et musulmans proches de l'ex-rébellion Séléka. 

Les Casques bleus (10.900 hommes) et la force française Sangaris (900) comme la police centrafricaine quadrillent la ville et le dispositif a été renforcé sur les sites où se rendra le pape, notamment l'enclave musulmane du PK5, le stade de 20.000 places et un camp de déplacés.

"Bangui est une petite ville et beaucoup de gens vont affluer de province et des pays voisins dimanche. En cas de mouvement de foule, ça sera très difficilement gérable", s'inquiète une source diplomatique sous couvert d'anonymat.

Talkie walkie vissé à l'oreille, le ministre de la Sécurité, Chrysostome Sambia, vérifie que le dispositif sécuritaire est prêt au stade, où une homélie sera prononcée et diffusée sur écran géant aux abords du site devant des milliers de pèlerins.

"Nous sommes sereins car tout a été mis en oeuvre pour assurer la sécurité du pape (...) il n'y a pas de menace avérée", assure le général Sambia, tout en concédant que certaines informations font état de "groupes animés de mauvaises intentions dans certains quartiers" placés sous très haute surveillance.

Au camp de déplacés de la paroisse Saint-Sauveur, qui accueille plus de 3.000 personnes, un groupe de scouts, foulards violets autour du cou, est en pleine répétition générale: eux aussi auront leur rôle à jouer lorsque le pape arrivera. Main dans la main, ils formeront un cordon de sécurité entre le pontife et la foule.

De nombreuses familles sont arrivées ici lors des violences de fin septembre, lorsque leurs maisons du quartier Castor ont été pillées.

"Nous sommes très contents de voir le pape. Il sait qu'il y a des événements dans notre pays et il est peut-être venu pour demander à Dieu de nous sauver", affirme l'un des leurs, Fidèle Nodjindorom. 

La priorité aujourd'hui, estime d'un air las le vieil homme assis sur une natte, "c'est avant tout la paix. Rentrer chez nous et être en liberté. Vivre ici c'est comme vivre en prison dans notre propre pays".

Samedi soir, le porte-parole du Vatican a assuré que l'ensemble du programme papal à Bangui était maintenu.

AFP

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