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Mali: trois morts dans une attaque contre un camp de l'ONU revendiquée par un groupe jihadiste

Deux Casques bleus guinéens et un civil travaillant pour les Nations unies ont été tués samedi dans une attaque à la roquette contre un camp de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) à Kidal (nord-est), revendiquée par le groupe jihadiste Ansar Dine.

Cet attentat intervient une semaine après la tuerie de l'hôtel Radisson Blu, qui a fait 20 morts dans la capitale Bamako.

"Notre camp à Kidal a été attaqué tôt ce matin par des terroristes. Ils ont utilisé des roquettes" qui ont tué "deux Casques bleus de nationalité guinéenne" et un "civil contractuel" de l'ONU, a déclaré à l'AFP un responsable de l'ONU. 

La Minusma a ensuite confirmé ce bilan dans un communiqué diffusé à Bamako, précisant que 20 personnes avaient également été blessées, dont quatre grièvement, dans cette attaque menée aux environs de 04H00 (locales et GMT). 

"Les terroristes ont tiré et sont repartis" vers une destination inconnue, a précisé à l'AFP une autre source onusienne.

L'attaque a été revendiquée en fin de journée auprès de l'AFP par un responsable d'Ansar Dine, le groupe jihadiste dirigé par l'ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly: "Nous revendiquons au nom de tous les moujahidines l'attaque contre le camp de Kidal" qui est "une réponse à la violation de nos terres par les ennemis de l'islam", a déclaré Hamadou Ag Khallini dans une brève conversation téléphonique avec un journaliste de l'AFP.

L'assaut a été condamné samedi soir par le Conseil de sécurité de l'ONU qui a demandé à Bamako "d'enquêter rapidement et de poursuivre en justice les responsables".

L'instabilité persiste dans le nord du Mali malgré la signature en mai-juin d'un accord entre le gouvernement et la rébellion à dominante touareg visant à instaurer une paix durable dans la région. 

Dans un enregistrement remontant à octobre et authentifié le 16 novembre, Iyad Ag Ghaly avait dénoncé cet accord de paix et appelé à poursuivre la lutte contre la France et le jihad. Ansar Dine est notamment un allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Front de libération du Macina (FLM), un groupe jihadiste du centre du Mali (FLM).

- Des "ennemis de la paix" au Mali -

"Je souhaite réaffirmer que ces attaques n'entameront pas la détermination des Nations unies à soutenir le peuple malien et le processus de paix, y compris à travers son assistance à la mise en ½uvre de l'Accord de paix et de réconciliation au Mali", avait indiqué plus tôt dans la journée le chef de la Minusma, Mongi Hamdi, cité dans le communiqué. 

De son côté, un conseiller municipal de Kidal, chef-lieu de la région éponyme, qualifiait les assaillants d'"ennemis de la paix".

La Minusma est la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995.

Le 20 novembre, un commando d'au moins deux assaillants avait pénétré dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako, tôt le matin, et ouvert le feu sur le personnel et les clients, tuant 20 personnes, avant d'être abattus à leur tour par les forces de sécurité.

L'attentat avait été revendiqué le jour-même par le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui disait avoir agi "avec la participation" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Mais le Front de libération du Macina avait ensuite lui aussi revendiqué de son côté le massacre, commis selon lui "avec la collaboration d'Ansar Dine".

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont Ansar Dine. Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre, puis le sud du pays.

Aqmi a affirmé avoir assassiné en octobre deux hommes qu'elle soupçonnait être des espions au service de la France au Mali, dans un communiqué diffusé par l'agence de presse privée mauritanienne Al-Akhbar.

AFP

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