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Le roi de la jungle menacé

Simba, Musafa, Scar et les autres n’ont qu’à bien se tenir. Les chasseurs américains sont après eux. Selon des organisations américaines de défense de la faune, la pratique intensive de la chasse aux lions, très courue aux Etats-Unis (ces dix dernières années, deux tiers des lions chassés pour le plaisir du sport ont été introduits de l’autre côté de l’Atlantique), menace le roi de la jungle d’extinction.

«Le lion d’Afrique est en crise», affirme Jeff Flocken du Fonds international pour le bien-être des animaux (IFAW). «Le roi de la jungle est sur le chemin de l’extinction, et les Américains continuent encore à les tuer rien pour le plaisir du sport.»

Ces cent dernières années, le nombre de lions sauvages a considérablement chuté, passant de 200.000 à 40.000. Selon le Groupe de conservation des chats sauvages Panthera, de tout le continent africain, seuls le Kenya, la Zambie, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Botswana, l’Ethiopie et le Zimbabwe, peuvent se targuer d'avoir plus de 1.000 lions sur leur territoire.

Les hommes sont devenus en Afrique un danger généralisé pour les lions africains, qui y sont tués à grande échelle, «surtout en situation de conflits, par toute personne qui tente de faire de l’élevage et estime qu’il est très difficile de co-exister avec des lions», précise Luc Hunter, le vice-président de Panthera.

Certains pays africains comme la Tanzanie, la Namibie ou la Zambie pointent la responsabilité américaine et considèrent la chasse comme une menace prééminente et croissante. Ces dix dernières années, le nombre de lions sauvages tués en Afrique puis introduits aux Etats-Unis a été multiplié par deux. En plus des trophées personnels, les chasseurs sont aussi friands de la carcasse et de certaines parties du corps du lion, comme les griffes, le crâne, les os et même le pénis. 

La question d’une interdiction totale de la chasse se pose alors. Elle fait débat. Les défenseurs de l’environnement arguent qu’une telle décision réduirait considérablement le risque d'exctinction pour les lions. «De toutes les menaces qui pèsent sur le lion d'Afrique, celle que l'on peut mieux aborder ici est son importation», assure Teresa Telecký, de Humane Society International (HSI).

D’autres experts de la faune considèrent le choix d'une interdiction totale comme «une option nucléaire», et défendent une chasse «responsable».

«Si vous supprimez la chasse, vous courez le risque de forcer les gouvernements africains à générer des revenus provenant de ces terres. Et les moyens les plus évidents, le bétail et les cultures, anéantiront l’habitat des lions», prétend Luc Hunter. 

Lu sur le Mail & Guardian