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Nigeria: aux embouteillages monstres de Lagos s'ajoute la crainte des attaques

Mégapole chaotique de 20 millions d'habitants, Lagos, capitale économique du Nigeria, a les embouteillages qu'elle mérite, mais les automobilistes ont désormais une crainte supplémentaire, celle des attaques à main armée qui se multiplient ces derniers mois. 

"Les attaques à main armée dans les embouteillages sont un problème important à Lagos aujourd'hui, beaucoup de gens s'en plaignent", reconnaît le porte-parole de la police de Lagos Joseph Offor. 

"Certains se font dévaliser, mais des chauffeurs et des passagers sont aussi attaqués et blessés", assure-t-il à l'AFP.

Dans le quartier d'Oworonshoki, dans l'est de Lagos, le long de la lagune, des voleurs ont brisé la vitre d'une voiture d'une jeune femme qui se rendait au travail pour tout lui voler : son sac, deux téléphones portables et d'autres biens. 

"Ils l'ont laissée en sang, elle était sérieusement blessée et les assaillants ont pris la fuite dans les terrains vagues", expliquait il y a quelques jours un auditeur à la radio spécialisée Lagos Traffic FM.

Un autre auditeur affirmait avoir vu des assaillants briser une vitre de voiture à la hache, à 6h30 du matin et dévaliser tous les occupants à Onikan, sur l'île de Lagos, dans le sud de la ville, non loin de... l'ancien siège de la police. 

La plupart des attaques ont lieu le matin lorsque les conducteurs se rendent au travail et se font prendre dans des bouchons, souvent dus au mauvais état des routes, regrette le porte-parole de la police.

Les attaques de voitures ne sont pas nouvelles à Lagos, mais la suspension de la publication des statistiques officielles sur la criminalité à Lagos alimente la psychose.

Les autorités de l'Etat de Lagos ont récemment réagi très vertement à un article de l'hebdomadaire The Economist dénonçant la criminalité et le chaos régnant dans les rues de Lagos.

- 'Calomnie' -

"L'inquiétude monte concernant la sécurité, face aux groupes d'assaillants qui pillent les automobilistes à l'arrêt tandis que la police est absente", écrivait le magazine et ajoutait : "les experts jugent que cette insécurité est symptomatique d'un large regain du crime organisé sous la férule d'un nouveau gouvernement régional moins compétent".

"Calomnie", s'est écrié le porte-parole du gouvernement de l'Etat de Lagos Steve Ayorinde, en défendant le bilan en matière de sécurité du nouveau gouverneur Akinwunmi Ambode, qui a succédé en mai à son collègue de parti Babatunde Fashola, nommé au début du mois à la tête d'un super ministère de l'Energie, du Logement et des Travaux publics.

Pour le porte-parole de la police Joseph Offor, le problème des attaques sur la route est nouveau et résulte d'un problème de congestion du trafic et du mauvais état des axes de circulation. 

La sécurité a été renforcée dans toute la ville, en particulier dans les zones de bouchons notoires, telle que le Third Mainland Bridge, la voie de contournement de 11 km qui longe la lagune dans l'est de Lagos. La présence policière, surtout à moto, a été renforcée et des descentes de police effectuées dans les zones les plus réputées pour leur taux de criminalité.

Des dizaines d'arrestations ont été pratiquées et quelques suspects emprisonnés, assure Joseph Offor, sans apporter de chiffres précis. Et le nouveau gouverneur a convoqué pour jeudi un "sommet circulation" pour étudier les mesures à prendre pour contrer cette criminalité.

Des mesures devraient notamment être prises contre les chauffeurs de moto-taxis, les "okadas", qui sont de retour dans les quartiers les plus huppés de Lagos après en avoir été bannis par l'ancien gouverneur. 

Ou encore les gangs qui ont la mainmise sur les "danfos", les minibus qui sont le moyen de transport le plus courant à Lagos.

Mais les efforts de l'administration pour contrer les transporteurs se sont souvent par le passé soldé par des émeutes populaires...

Dans l'attente, l'usager de la route à Lagos doit encore s'attendre à prendre son mal en patience et être prêt à passer trois heures en voiture pour parcourir 40 km. En espérant ne pas être attaqué dans un bouchon.

AFP

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