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Le président du Yémen retourne au pays pour superviser un assaut antirebelles

Après un nouvel exil en Arabie saoudite, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a regagné mardi son pays pour "superviser" une nouvelle offensive militaire contre les rebelles qui fait passer au deuxième plan des pourparlers de paix souhaités par l'ONU.

De violents combats opposaient les pro-Hadi soutenus par des unités arabes, aux rebelles chiites Houthis et à leurs alliés, au deuxième jour de l'offensive militaire lancée pour reprendre la province de Taëz (sud-est), contrôlée par les insurgés depuis plus d'un an.

Taëz, capitale de la province et troisième ville du Yémen, est un verrou stratégique pour une progression des forces progouvernementales dans le centre et le nord du pays, y compris la capitale Sanaa, après la reconquête depuis juillet de cinq provinces du sud, dont Aden où est retourné M. Hadi.

Mais les forces loyalistes peinent à sécuriser les régions reconquises, y compris Aden, déclarée capitale "provisoire" du pays. Des groupes extrémistes armés, dont Al-Qaïda, y sont apparus ces dernières semaines.

Signe de cette insécurité, le président Hadi a été emmené de l'aéroport d'Aden, où son avion a atterri dans la matinée, à bord d'un hélicoptère militaire jusqu'au palais Al-Maachiq, situé sur une colline de la ville, selon une source militaire.

Ce palais, fortement endommagé par les combats entre loyalistes et rebelles, a été remis en état par les Emirats arabes unis, l'un des piliers de la coalition arabe qui intervient depuis la fin mars au Yémen pour rétablir l'autorité de M. Hadi.

- Les loyalistes progressent -

"Le président va superviser directement l'offensive en cours dans la province de Taëz pour la libérer des Houthis et des forces de (Ali Abdallah) Saleh", l'ancien président allié des rebelles, a déclaré à l'AFP un responsable de la présidence.

Au premier jour de l'offensive lundi, au moins 59 personnes, dont 26 rebelles, ont été tuées dans les combats et des raids de l'aviation de la coalition arabe commandée par l'Arabie saoudite, voisine du Yémen, selon des sources militaires.

Les loyalistes ont progressé en direction de la ville de Taëz, en prenant notamment Waziaa, une localité du sud-ouest de la province, ont-elles ajouté. Plus au sud, les pro-Hadi ont également avancé vers Rahida, deuxième ville de la province.

Sur le littoral de la mer Rouge, les forces loyalistes, opérant dans la région de Dhoubab, ont avancé et se trouvent à 30 km de la ville portuaire de Mocha, a déclaré un responsable militaire.

Les opérations militaires interviennent au moment où l'émissaire de l'ONU, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, peine à relancer les pourparlers de paix. Il voulait, à l'origine, réunir les protagonistes à la mi-novembre à Genève.

L'ONU a déjà tenté à deux reprises en juin et en septembre d'ébaucher une solution politique. En vain.   

- La situation des enfants s'aggrave -

Le retour de M. Hadi à Aden intervient après celui du Premier ministre Khaled Bahah. Arrivé dimanche sur l'île de Socotra, à 350 km des côtes du Yémen, il a annoncé "le retour du gouvernement pour l'exercice de leurs fonctions en territoire yéménite".

Après six mois d'exil en Arabie saoudite, M. Hadi était rentré le 22 septembre à Aden, reconquise en juillet par ses partisans avec le soutien de la coalition arabe.

Mais il n'y avait passé que quelques jours et il s'était de nouveau installé à Ryad où il avait été ensuite rejoint par le gouvernement après un attentat meurtrier le 6 octobre contre le siège provisoire du gouvernement dans un hôtel d'Aden.

Les Houthis pro-iraniens sont entrés en guerre en 2014 contre le pouvoir central et contrôlent toujours les provinces du nord du Yémen et la capitale Sanaa.

Selon l'ONU, la guerre a fait quelque 5.000 morts depuis mars, dont plus de la moitié des civils.

La situation des enfants au Yémen "continue de s'aggraver", a indiqué mardi le directeur exécutif de l'Unicef (Fonds de l'ONU pour l'enfance) Anthony Lake qui a appelé à un règlement politique d'urgence du conflit.

Plus d'un demi-million d'enfants de moins de cinq ans risquent "une malnutrition sévère, menaçant leur vie" en raison des difficultés pour ravitailler le pays et livrer l'aide humanitaire, a-t-il souligné à l'AFP. Selon l'Unicef, plus de 500 enfants ont été tués depuis mars.

AFP

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