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Avant la COP21, intense lobbying de Borloo pour son projet d'électrification de l'Afrique

Après un an de lobbying tous azimuts, Jean-Louis Borloo espère voir concrétiser son projet d'une agence dédiée à l'électrification de l'Afrique, à un mois de l'ouverture de la conférence climat (COP21) à Paris

Mardi après-midi, l'ancien député a remis les pieds à l'Assemblée nationale, quittée il y a un an et demi après des problèmes de santé ayant entraîné son retrait de la vie politique.

Après plusieurs mois de convalescence, l'ex-ministre de l'Environnement s'était alors fixé pour objectif de faciliter l'accès à la lumière et l'électricité pour plus de 600 millions d'Africains qui en sont dépourvus.

Depuis un an, il a sillonné les capitales africaines à la rencontre de plus de 40 chefs d'Etat, réuni des maires de grandes capitales à Paris, obtenu un feu vert au Sommet de l'Union africaine en juin... Fin septembre, il participait aux côtés du président guinéen Alpha Condé à l'inauguration du barrage hydro-électrique de Kaléta en Guinée.

L'activité de sa fondation, baptisée "Energies pour l'Afrique" et basée à Paris, est financée par des grands groupes français comme Bolloré, Bouygues, Dalkia, Eiffage, Total, Vinci etc. Et face aux soupçons de "néocolonialisme", il répond: "Un projet par et pour les Africains".

Et maintenant? "Just do it!", lance-t-il. "Toutes les conditions sont réunies!", a-t-il répété mardi lors d'une conférence de presse au Conseil économique, social et environnemental (CESE). En mars dernier, lors d'une autre de ses conférences de presse également, la visite surprise du président François Hollande n'était pas passée inaperçue. Et le père du Grenelle de l'Environnement exhortait déjà à "passer à l'acte".

"Je n'ai aucun doute sur le fait que cela va se faire", a-t-il affirmé mardi.

- 5 milliards de dollars par an pendant dix ans -

S'il ne fait plus de politique au sens strict, Jean-Louis Borloo continue de voir des politiques de tout bords, de François Hollande à Alain Juppé, uniquement pour défendre son projet, assure-t-il. Mardi, outre le président du CESE Jean-Paul Delevoye, étaient présents les parlementaires Yves Jégo, Chantal Jouanno, Valérie Létard, mais aussi Benoist Apparu représentant Alain Juppé, et encore Maud Fontenoy désormais déléguée à l'environnement du parti Les Républicains.

Les yeux rivés sur la COP21 et jamais avare de superlatifs, Jean-Louis Borloo estime que c'est "le moment où cela peut basculer". "Clap d'ouverture pour la Borloo week", a titré lundi Jeune Afrique...

En jeu, que les Etats, Europe en tête, puissent abonder les fonds pour une agence dédiée à hauteur de 5 milliards de dollars (4,5 mds d'euros) par an pendant dix ans. 

Il y a deux semaines, le Sénat, à majorité de droite, a adopté à une large majorité une proposition de résolution soutenant ce plan. 

A l'Assemblée mardi, le président du Parlement panafricain, Roger Nkodo Dang, devait intervenir pour lancer un appel et soutenir le projet. Dans un bref mot devant le Conseil économique et social, celui-ci a raconté qu'il avait "étudié avec la lampe à huile" et que "50 ans après les indépendances, mes enfants et mes petits frères continuent à étudier avec les lampes à huile".

Créé en 2004, le Parlement panafricain est l'assemblée consultative de l'Union africaine et siège en Afrique du sud. Composé de 265 députés nationaux, cinq pour chacun des 53 membres de l'UA, nommés par leurs parlements respectifs, il ne jouit pas d'une grande notoriété, faute de véritable poids politique, mais ambitionne de devenir une assemblée continentale dotée de pouvoirs législatifs.

Début octobre, il a adopté une résolution visant à avoir "un accord concret, immédiatement opérationnel, pouvant permettre à l'agence africaine de l'électrification du continent de disposer dès 2016 des subventions indispensables".

M. Borloo espère que la décision de concrétisation - une agence avec un financement garanti, traçable et vertueux - sera prise à l'occasion du sommet "Europe-Afrique" sur la migration qui se tient à Malte les 11 et 12 novembre, avant le début de la COP donc.

AFP

Ses derniers articles: Algérie: Amnesty dénonce des "expulsions massives illégales" de Subshariens  Paris, Le Caire, les ventes d'armes et les droits de l'homme  Sebastien Ajavon 

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