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Burundi: MSF conteste "avec la plus grande fermeté" soutenir les insurgés

Médecins sans frontières (MSF) a rejeté dimanche "avec la plus grande fermeté" les accusations du porte-parole de la police burundaise, qui avait insinué la veille que l'ONG soutenait les insurgés opposés au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

"L'organisation rejette avec la plus grande fermeté les suggestions selon lesquelles elle soutiendrait un quelconque groupe armé", a réagi MSF dans un communiqué.

"MSF traite les blessés seulement sur une base médicale. MSF ne choisit pas son camp dans un conflit, mais cherche à fournir un service médical de haute qualité destiné à sauver des vies pour les gens qui en ont besoin", a ajouté l'ONG.

Le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye, avait affirmé samedi que des personnes arrêtées après que la police eut fait feu sur un convoi funéraire, tuant entre une et 16 personnes selon les sources, avaient sur elles des numéros de téléphone d'employés de MSF.

Ces personnes auraient indiqué aux policiers qui les interrogeaient que le personnel de MSF avait l'habitude de venir les évacuer et les soigner après des combats contre la police, avait ajouté M. Nkurikiye, n'hésitant pas à accuser l'ONG de complicité avec les insurgés.

"Si des gens qui ont été traités par MSF avant ont gardé un numéro de téléphone de MSF, ça ne signifie aucunement que MSF fait quoi que ce soit d'autre que fournir l'aide médicale dont les gens ont besoin", a répondu l'ONG.

Une personne a été tuée samedi dans des échanges de coups de feu entre des policiers et des "criminels armés" présents dans un bus qui revenait d'un enterrement dans la localité de Buringa, sur la route de l'aéroport de Bujumbura, avait indiqué M. Nkurikiye a l'AFP.

Mais ce bilan officiel a été fortement contesté par de nombreux témoins contactés par l'AFP, qui ont évoqué entre 10 et 16 morts, et assuré qu'aucun coup de feu n'avait été tiré depuis le bus.

Depuis deux mois, les positions de police sont régulièrement attaquées par des "bandes de criminels", le terme officiel désignant une rébellion naissante issue de la contestation contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

La volonté acharnée de M. Nkurunziza - au pouvoir depuis 2005 et réélu en juillet - de conquérir un troisième mandat, malgré les critiques de l'opposition, de la société civile et de la communauté internationale, a plongé ce pays d'Afrique des Grands Lacs dans une grave crise politique, émaillée de violences meurtrières.

AFP

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