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Une ministre française en visite

La secrétaire d'Etat française chargée du Développement et de la Francophonie est arrivée vendredi à Bangui pour une visite de 24 heures en Centrafrique (RCA) dans un climat de recrudescence des violences, a constaté un journaliste de l'AFP.

 Arrivée en fin d'après-midi, Annick Girardin vient exprimer le "soutien" de la France a la RCA. Elle doit notamment s'entretenir samedi avec la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, et le Premier ministre Mahamat Kamoun.

Fin septembre, les affrontements entre chrétiens et musulmans ont fait près de 70 morts dans la capitale centrafricaine. La mort d'un conducteur musulman de taxi-moto avait provoqué un cycle de représailles et des troubles dirigés contre le gouvernement de transition et la présence internationale, avec une vague de pillages. Des affrontements ont lieu depuis lors dans la ville, où miliciens anti-balaka majoritairement chrétiens et groupes d'auto-défense musulmans continuent de sévir. 

Au moins une dizaine de personnes ont ainsi été tuées depuis le début de la semaine. Jeudi, les ministres de la Défense et de la Sécurité publique ont été limogés par la présidente.

Mme Girardin se rendra notamment au Centre de traitement des données électorales. Elle s'entretiendra également avec le corps diplomatique et des ONG. Selon la ministre, il s'agit, à la veille d'échéances électorales cruciales, "de rappeler que nous sommes aux côtés" de la Centrafrique, et de mettre en garde les éventuels fauteurs de trouble.

Des élections présidentielle et législatives, avec en préalable un référendum constitutionnel, sont prévues avant la fin de l'année pour mettre fin formellement à la transition. Ces rendez-vous électoraux ont été reportés à plusieurs reprises en raison de l'instabilité persistante qui règne dans le pays.

Selon le dernier calendrier proposé par l'Autorité nationale des élections (ANE), le référendum pourrait avoir lieu le 6 décembre, le 1er tour de la présidentielle et des législatives le 13 décembre, et un éventuel second tour le 24 janvier. 

La communauté internationale, France en tête, pousse à des élections rapides. Mais des responsables centrafricains comme certains observateurs s'inquiètent d'une surchauffe électorale et du contexte sécuritaire de nouveau explosif, avec un regain d'activité des groupes armés et des tentatives de déstabilisation des fragiles institutions de la transition.

"Il ne s'agit pas de faire pression pour des élections à tout prix", mais "d'échanger avec les autorités centrafricaines sur la capacité à respecter les délais", a expliqué à la presse Mme Girardin. "A chaque fois qu'on se rapproche des élections, il y a des événements violents. Reculer ces échéances, c'est donner raison à ceux qui veulent le chaos", a-t-elle souligné.

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, a plongé l'ex-colonie française, déjà très instable, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014, dont le pays peine toujours à se relever. Près de 11.000 Casques bleus et 900 soldats français de l'opération Sangaris sont déployés depuis 2014 pour tenter de mettre fin aux violences. 

Hors de Bangui, la situation sécuritaire reste aussi volatile, en particulier dans le centre du pays, où les tensions sont vives, et dans le nord, largement sous contrôle de chefs de guerre ex-Séléka. La France, ancienne puissance coloniale, est un partenaire clé de la Centrafrique. Le président François Hollande s'était rendu à Bangui en décembre 2013. La dernière visite d'un ministre français date de juillet 2015, avec Jean-Yves Le Drian (Défense).

Après Bangui, Mme Girardin se rendra au Cameroun voisin, pour une visite essentiellement consacrée au réchauffement climatique et à la déforestation, avant la 21e conférence des Nations Unies sur le climat (COP21) qui débute le 30 novembre à Paris.

AFP

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