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La ministre des Affaires étrangère indienne et ses homologues africains, le 27 octobre 2015. Crédit photo: REUTERS/Adnan Abidi
La ministre des Affaires étrangère indienne et ses homologues africains, le 27 octobre 2015. Crédit photo: REUTERS/Adnan Abidi

Tapis rouge pour les dirigeants africains en Inde, mais les expatriés y endurent le racisme

Le gouvernement et la police indienne sont insensibles au problème.

Du 26 au 29 octobre, New Delhi accueillait le troisième sommet Inde-Afrique. Pour cette évènement, les autorités indiennes ont reçu en grande pompe des représentants des 54 pays du continent africain, dont une quarantaine de chefs d'Etat. Un grand raout qui vise d'abord à intensifier les relations économiques entre l'Inde et le continent africain. Le premier ministre indien Narendra Modi, en poste depuis mai 2014, a voulu voir les choses en grand pour cette édition, la première sous son mandat, en invitant tous ses homologues africains contrairement à ce qui se faisait dans le passé. «La diplomatie indienne a mis le paquet», affirme l'hebdomadaire Jeune Afrique.

Mais si le tapis rouge a été déroulé sous les pieds des leaders du continent à New Delhi, l'Inde n'est pas forcément une terre d'accueil pour les Africains, comme le souligne la version indienne du site d'informations économiques Quartz. «Le premier ministre indien et ses homologues africains ont discuté de commerce, d'investissements, de notre histoire commune avec l'Afrique. Mais un thème a été consciencieusement écarté des festivités: le racisme profondément enraciné des Indiens envers les Africains.»

«L'Inde n'est pas un pays accueillant pour eux»

Un grand nombre d'expatriés africains viennent trouver un emploi en Inde, et près de 30.000 étudiants du continent viennent y passer une partie de leurs études. «Dans la seule ville de Kirkee, où j'ai travaillé durant la dernière décennie, j'ai rencontré des gens venus de Côte d'Ivoire, de République démocratique du Congo, du Nigeria, de Somalie, d'Ouganda. Mais malgré leur grand nombre, l'Inde n'est pas un pays accueillant pour eux», note le journaliste de Quartz.

Au printemps 2015, un fait-divers avait soulevé un émoi important dans le pays. Un des leaders du parti politique indien Aam Aadmi était jugé pour avoir molesté une femme de chambre d'origine africaine en plein milieu de la nuit. 

Des cas de violences contre des expatriés africains ont également été enregistrés récemment dans des villes comme Bengaluru, Goa ou Ludhiana. «Mais ce ne sont pas seulement des discriminations régulières de la part des Indiens envers les expatriés à la peau sombre: l'action du gouvernement est inexistante et même la police est insensible au problème», poursuit Quartz.

Tout le contraire de l'attention dont été entourée les membres des délégations africaines présentes au sommet économique de New Delhi.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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