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Hommage

Plusieurs centaines de personnes ont rendu hommage jeudi soir à Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp à Paris, où l'opposant marocain a été enlevé il y a 50 ans et dont le corps n'a jamais été retrouvé, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Nous sommes ici pour demander la vérité et la justice sur cette affaire d'Etat", a déclaré son fils, Bachir Ben Barka.

Figure de proue du mouvement anticolonialiste, Mehdi Ben Barka, opposant au roi Hassan II, a été enlevé le 29 octobre 1965 lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français. L'affaire n'a jamais été totalement élucidée. "Qui sont les assassins ? Où est son corps ? Quelles sont les responsabilités de la France, du Maroc et peut-être d'Israël ou des Etats-Unis ?", s'interroge Bachir Ben Barka. 

Il demande "une déclassification complète" des archives du Sdece (ancêtre de la DGSE), que "des fouilles soient entreprises dans un ancien centre de détention secret au Maroc où une partie du corps pourrait se trouver" et que "des témoins soient enfin entendus".

Cinq mandats d'arrêt ont été délivrés en 2007 par le juge Patrick Ramaël, chargé de l'enquête française de 2004 à 2013. Sont notamment visés le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale, Abdelhak Kadiri, ancien patron des renseignements militaires et Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando qui a participé à l'enlèvement.

L'ancien membre des services secrets marocains Aboubakr el Hassouni, objet d'un des mandats, est décédé début octobre.

"Le temps presse, mais il n'y a toujours pas de volonté politique dans cette affaire", déplore Marie, une enseignante venue de Franche-Comté. 

Pour Salma, 17 ans, étudiante en relations internationales, "on ne saura jamais la vérité. Mais il est important d'être là: Ben Barka symbolise les années de plomb durant lesquelles des dizaines de militants politiques et de gens ordinaires ont disparu au Maroc".

L'enquête sur la disparition de l'opposant marocain, la plus ancienne instruction en France, court depuis 1975. Des commissions rogatoires internationales ont récemment été délivrées. Le juge Cyril Paquaux a sollicité en juillet l'audition d'un ancien agent du Mossad qui affirme que les services secrets israéliens ont aidé le Maroc à faire disparaître le corps.

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