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Niger: un candidat

L'ancien ministre nigérien du Plan, Amadou Boubacar Cissé, candidat à la présidentielle de 2016, a dénoncé jeudi la "persécution" visant selon lui les adversaires politiques du président Mahamadou Issoufou qui aspire à être réélu.

"De manière systématique, c'est une persécution pour l'ensemble des gens qui ont l'outrecuidance de se présenter contre lui", a déclaré M. Cissé, souvent surnommé "ABC", lors d'un entretien avec l'AFP.

Candidat malheureux en 2011, M. Cissé, 67 ans, avait soutenu l'actuel président au second tour de la présidentielle. Mais début septembre le chef de l'Etat l'a limogé de son poste de ministre d'Etat du Plan, qu'il occupait depuis plus de quatre ans. 

"C'est une purge massive qui a été faite pour la simple raison que (j'ai) décidé de me présenter à l'élection présidentielle", a affirmé M. Cissé, relevant que le ministre de la Culture et un gouverneur -tous deux membres de son parti, l'Union pour la démocratie et la République (UDR)- avaient été limogés par la même occasion.

Bazoum Mohamed, le président du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), avait de son côté accusé la semaine dernière l'ancien ministre d'avoir "posé" des "actes de nature grave" (dont il n'a pas précisé la nature) pour justifier son éviction. 

Réfutant ces "allégations", M. Cissé affirme que le PNDS "s'est spécialisé depuis toujours dans la désinformation et l'attaque de tous ses adversaires comme des ennemis à abattre".

Il cite notamment le cas de l'autre candidat officiellement déclaré au scrutin présidentiel, l'ex-président du Parlement Hama Amadou, investi mi-septembre par son parti le Mouvement démocratique nigérien (MODEN).

Opposant au président, Hama Amadou avait précipitamment quitté le pays fin août 2014 après avoir été impliqué dans une présumée affaire de trafic international de bébés. M. Amadou a toujours dénoncé un "dossier politique" visant, selon lui, à "l'écarter de la présidentielle", alors que le gouvernement évoque un "dossier de droit commun". 

Dans un contexte régional hostile (tueries des islamistes nigérians de Boko Haram au sud, menace des jihadistes libyens au nord et maliens à l'ouest), le climat politique est tendu depuis deux ans au Niger, où les opposants accusent le président Issoufou de provoquer des scissions au sein de leurs formations pour assurer sa réélection.

En août, l'opposition avait rejeté le calendrier fixé par la Commission électorale, dénonçant une absence de "consensus". Elle avait auparavant critiqué la Cour constitutionnelle, qui valide les candidatures et les résultats des élections, pour son "allégeance" au président. 

AFP

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