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Soudan du Sud: l’Union africaine dénonce "l’extrême cruauté" des belligérants

Les belligérants de la guerre civile au Soudan du Sud se sont rendus coupables d'actes "d'extrême cruauté" contre les populations civiles et devront rendre des comptes devant une Cour de justice indépendante africaine, a indiqué mercredi l'Union africaine (UA).

Une commission d'enquête de l'UA, conduite en 2014 par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a documenté dans un rapport de nombreuses exactions de combattants allant jusqu'à forcer les membres d'une communauté "à boire le sang et à manger de la chair humaine brûlée" des victimes de leur ethnie qui venaient d'être tuées.

"La plupart des atrocités ont été commises contre des populations civiles qui ne participent pas directement aux hostilités. Les lieux de prières et les hôpitaux ont été attaqués, l'aide humanitaire entravée, les villes pillées et détruites", peut-on lire dans le rapport de 342 pages publié mercredi.

Les membres de la commission se sont notamment rendus dans les villes de Bor, Malakal et Bentiu, capitales respectives des Etats du Jonglei, du Haut-Nil et d'Unité, au cours de l'année 2014, et ont trouvé de nombreuses habitations, hôpitaux et bâtiments administratifs brûlés et détruits.

"Il existe des motifs raisonnables de croire que les actes d'assassinat, de viol et de violence sexuelle, de torture et autres actes inhumains (...) ont été commis par les deux parties au conflit", indiquent-ils, tout en estimant qu'il n'y a pas "de motifs raisonnables de croire que le crime de génocide a eu lieu" au Soudan du Sud.

Sur la base de ce rapport, l'UA doit mettre sur pied une Cour de justice indépendante, la "Cour hybride du Soudan du Sud", chargée d'enquêter et de juger les responsables des exactions depuis le début de la guerre civile en décembre 2013.

"Cette cour de justice est la bienvenue. Si quelqu'un doit être traduit en justice, même s'il est des nôtres, c'est une bonne chose. Justice doit être faite", a réagi Dickson Gatluak, porte-parole adjoint de Riek Machar.

Dans une version de travail de ce rapport, consultée en mars par l'AFP, la commission demandait à ce que soient exclus du pouvoir pendant la période de transition le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, chefs des deux camps belligérants.

Cette suggestion ne figure pas dans le rapport final, mais est tout de même publiée en annexe comme "opinion séparée" de l'un des membres de la commission, Mahmood Mamdani, un chercheur ougandais.

Le rapport a été remis à l'UA en octobre 2014, mais a fait l'objet de tractations sur sa publication pendant plus d'un an. Olusegun Obasanjo s'était agacé en janvier dernier de la tentation d'étouffer ce rapport estimant que "le cycle d'impunité doit être rompu".

 

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