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Egypte: 2e tour de législatives jouées d'avance en l'absence d'opposition

Les Egyptiens votaient mardi pour le second tour de législatives jouées d'avance, en l'absence d'opposition, en faveur du président Abdel Fattah al-Sissi, qui a destitué son prédécesseur islamiste il y a deux ans.

Seuls quelques électeurs s'étaient présentés dans la matinée dans les bureaux de vote visités par l'AFP au centre du Caire.

Le premier tour de ce scrutin très complexe, uninominal et de liste qui s'étale sur un mois et demi, n'avait déjà guère suscité d'enthousiasme au premier tour les 18 et 19 octobre sur la moitié des 27 provinces du pays: seuls 26,5% des inscrits avaient voté. 

L'autre moitié des provinces votera également en deux tours à partir du 22 et 23 novembre et le scrutin s'achèvera avec un second tour les 1er et 2 décembre.

Quelques bureaux de vote visités par l'AFP en début de matinée au centre de la capitale étaient quasiment vides, à l'image d'une classe d'école primaire dans le quartier central de Dokki où seuls deux hommes votaient une heure après l'ouverture des bureaux, a rapporté un journaliste de l'AFP. Moins de 20 électeurs les avaient précédés, selon un assesseur.

Cette quasi-indifférence contraste avec les législatives de 2011, les premières libres et démocratiques, qui avaient suscité, quelques mois seulement après la révolte populaire qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir, un véritable enthousiasme avec une participation de 62% au premier tour.

Le Parlement élu en 2011 était dominé par la confrérie des Frères musulmans, principale force d'opposition sous les 30 ans de pouvoirs de Moubarak, mais il avait été dissous quelques mois après sur ordre de la Cour suprême. Le président Mohamed Morsi issu de leurs rangs et élu en juin 2012, avait été destitué et arrêté le 3 juillet 2013 sur ordre du général Sissi, alors chef de la toute puissante armée. Il a été élu à son tour chef de l'Etat en mai 2014 après avoir éliminé toute opposition de la scène politique, religieuse comme laïque et libérale.

Depuis la destitution de M. Morsi, plus de 1.400 manifestants réclamant son retour ont été tués, essentiellement dans les rues du Caire, et plus de 15.000 Frères musulmans et sympathisants ont été emprisonnés. Des centaines, dont M. Morsi et quasiment tous les dirigeants de la confrérie, ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs vivement dénoncés par l'ONU. De même, les manifestations des jeunes libéraux et laïcs qui avaient mené la révolte contre Moubarak ont été sévèrement réprimées et leurs leaders emprisonnés.

Selon les experts, outre les opposants au régime, bon nombre d'électeurs ne se déplacent pas pour voter car ils s'en remettent entièrement au président Sissi, célébré par une majorité de l'opinion et la quasi-totalité des médias comme le "sauveur de l'Egypte". Il gouverne par décrets depuis qu'il a pris le pouvoir et ses partisans considèrent qu'un Parlement est superflu, les députés étant davantage attachés à leurs propres intérêts qu'à celui d'un pays en grande difficulté économique et gangréné par la corruption.

"Les gens n'ont aucune foi dans les députés et il faut restaurer cette foi", plaidait mardi Abdel Raham Siweid, un ingénieur qui déposait son bulletin dans l'urne à l'école primaire de Dokki.

Seuls quatre candidats ont été élus dès le premier tour les 18 et 19 octobre, les autres s'affrontant à nouveau mardi et mercredi au second tour dans 14 des 27 provinces du pays. En tout état de cause, les listes et les candidats individuels inscrits ont quasiment tous manifesté leur soutien au gouvernement de M. Sissi.

 

    

AFP

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