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La France dans l'embarras après la fouille d'un ministre algérien

La fouille samedi par la police française d'un ministre algérien a provoqué lundi les regrets du gouvernement français face à un accroc sévère dans les relations entre les deux pays, au beau fixe depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande.

"Nous sommes attachés à faciliter les démarches et déplacements en France des hautes personnalités étrangères. Nous travaillons avec le ministère de l'Intérieur et la direction du groupe Aéroports de Paris (ADP) pour que ce type d'incident particulièrement regrettable ne se reproduise plus", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal.

Pour Alger, le traitement subi par son ministre de la Communication, Hamid Grine, est "inacceptable". Le ministère algérien des Affaires étrangères avait annoncé dès le lendemain de la fouille la convocation de l'ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié.

Depuis 2012, les relations entre la France et son ancienne colonie, l'Algérie, souvent tendues dans le passé, connaissaient une embellie notoire tant sur le plan diplomatique que sur le plan économique avec plusieurs contrats signés.

En moins de trois ans, le président socialiste français François Hollande s'est rendu deux fois en Algérie. Son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s'y est rendu à plusieurs reprises aussi, tandis que plusieurs ministres de part et d'autre franchissaient aussi la Méditerranée.

Les ministres français sont à chaque fois accueillis avec plein d'égards, reçus dans sa résidence par le président Abdelaziz Bouteflika, comme ce fut le cas début octobre pour la ministre de l'Ecologie et ex-compagne du président français, Ségolène Royal.

La ministre française de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, est attendue à Alger en fin de semaine.

 

- Des précédents, avec Alger et Rabat -

 

Alors que les relations avec l'Algérie s'amélioraient, celles entre Paris et Rabat, frère ennemi d'Alger, se refroidissaient dans le même temps sérieusement et pendant près d'un an, en raison d'un imbroglio juridique et de plusieurs impairs, dont déjà la fouille en mars 2014 dans un aéroport parisien d'un ministre marocain...

A l'époque, il s'agissait du ministre des Affaires étrangères et le Quai d'Orsay, confus, avait dû présenter ses excuses aux autorités marocaines en promettant qu'un tel incident ne se reproduirait pas. Le ministère français avait alors demandé au ministère français de l'Intérieur et à ADP de respecter strictement les règles et usages diplomatiques à l'égard des ministres étrangers comme c'est le cas avec les dirigeants étrangers.

Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, deux cas similaires de fouille de responsables algériens avaient déjà été recensés dans le passé avant la mésaventure survenue samedi au ministre de la Communication. Ils avaient visé le ministre de l'Industrie, Abdesselam Bouchouareb, et celui de l'Habitat, Abdelmadjid Tebboune.

Interrogé lundi à ce sujet, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères ne l'a pas évoqué lors de sa réponse aux  questions entourant la fouille du ministre de la Communication.

En Algérie, cet accroc diplomatique a suscité des réactions indignées de la presse.

Le quotidien Liberté a parlé d'une "fouille intrigante" du ministre. Alors qu'il se trouvait au salon de l'honneur de l'aérport d'Orly, Hamid Grine s'est vu remettre un message d'un diplomate de son pays lui indiquant que la police aux frontières l'invitait à "+passer à la fouille+", selon le journal.

Malgré un ordre de mission et son passeport diplomatique, ses protestations n'ont pas été entendues par les agents français qui ont fait valoir des "ordres" qu'ils sont "tenus d'exécuter", poursuit Liberté, précisant que la fouille a duré cinq minutes.

Le journal En-Nahar parle de son côté d'une "procédure abusive" et d'un "outrage" au ministre "ne pouvant être que le fait de parties françaises qui souhaitent provoquer une crise diplomatique" entre Alger et Paris.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat sur les raisons et conditions de la fouille auprès du ministère français de l'Intérieur à Paris.

AFP

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