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Congo: plusieurs dirigeants d'opposition bloqués

Plusieurs dirigeants de l'opposition congolaise se sont vu interdire dimanche de quitter Pointe-Noire, au lendemain d'une manifestation contre le référendum constitutionnel du 25 octobre entachée de violences dans cette ville sud de la République du Congo, selon des sources concordantes.

"On nous a interdit de passer au poste de Mengo", à la sortie nord de la capitale économique du pays, a déclaré à l'AFP Guy-Brice Parfait Kolélas, un des dirigeant de l'Initiative pour la démocratie au Congo (IDC).

L'IDC est alliée au Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad) pour dénoncer comme un "coup d'État constitutionnel" le référendum du 25 octobre sur un projet de constitution qui permettrait au président Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016.

Lors d'un meeting samedi à Pointe-Noire, quatre manifestants ont été blessés par balles par un policier.

Selon des témoins et les intéressés, le convoi de M. Kolélas, André Okombi-Salissa (IDC), Clément Miérassa (Frocad), Pascal Tsaty-Mabiala (Frocad) et Claudine Munari (Frocad) a été bloqué par les forces de l'ordre alors qu'ils voulaient se rendre à Dolisie, troisième ville du pays, pour une nouvelle manifestation.

Selon une source judiciaire, les opposants ont été interdits de quitter Pointe-Noire sur instruction du procureur de la ville.

"Les présumés auteurs de ces actes ainsi que leur complices doivent être interpellés, interrogés et déférés, sans délais, au parquet", indique cette instruction dont l'AFP a obtenu copie.

"On n'a pas de justice dans ce pays", a déclaré à l'AFP M. Tsaty-Mabiala, pour qui cette note vise à "protéger les assassins qui ont tiré sur nos militants".

Après le refoulement du convoi des opposants, plusieurs dizaines de leurs militants ont bloqué la circulation et brûlé des pneus dans le quartier de Nkouikou, a constaté un journaliste de l'AFP. Selon des habitants du quartier, le calme est revenu en fin d'après-midi après l'intervention des gendarmes.

Âgé de 72 ans cette année, M. Sassou a dirigé le pays à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues. Revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009. 

La Constitution actuelle limite à deux le nombre de mandats que peut exercer un chef de l'État et à 70 ans l'âge maximal pour être candidat à la présidentielle.

L'IDC et le Frocad appellent à un nouveau rassemblement à Brazzaville le 20 octobre.

AFP

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