mis à jour le

Guinée: vote pour une présidentielle disputée

Les électeurs affluaient en masse dimanche en Guinée pour désigner leur président, un scrutin sous tension, dont l'opposition compte déjà contester les résultats, alors que le camp du sortant Alpha Condé le donne vainqueur dès le premier tour.

Six millions de Guinéens sont appelés aux urnes dans 14.482 bureaux de vote, de 07h00 à 18h00 (heure locale et GMT), avec plus de 72.000 agents électoraux.

En raison de l'affluence et de la lenteur des vérifications sur les listes électorales, le vote a débuté avec retard dans de nombreux bureaux.

Dans le quartier de Hamadallaye, à Conakry, favorable à l'opposition, un autobus désaffecté faisait même office de bureau de vote mais le scrutin n'avait pas encore débuté peu après 09H00, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Kaloum, le quartier administratif et des affaires de la capitale, Mamadou Dionné, agent comptable de 50 ans, souhaitait que le scrutin "se déroule dans la quiétude, sans que personne ne soit blessé", après les violences meurtrières de la fin de campagne, jeudi et vendredi, qui ont fait une dizaine de morts.

Un étudiant de 21 ans, Mohammed Samb, est sorti éc½uré, empêché de voter, sa photo ne figurant pas dans le fichier.

"Je voulais voter pour mon président Sidya Touré", a-t-il confié, désabusé, en référence à l'ex-Premier ministre, arrivé en troisième position à la présidentielle de 2010 et favori dans ce quartier, avec le président Condé.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré les violences entre partisans de M. Condé et du chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo et appelé à une élection "pacifique et transparente qui reflète la volonté du peuple guinéen".

Les premiers résultats ne sont pas attendus avant mardi.

 

- Soupçons d'irrégularités -

 

L'enjeu principal porte sur l'éventuelle réélection de M. Condé au premier tour, comme le proclame sa campagne - cinq ans après une victoire à l'arraché sur M. Diallo au second tour - un objectif que ses adversaires jugent irréalisable sans fraude caractérisée.

Les cartes d'électeur ont été distribuées à plus de 90% dans l'ensemble du pays, a annoncé la Commission électorale nationale indépendante (Céni) à quelques heures de l'ouverture du scrutin.

Les sept concurrents de M. Condé ont invoqué la non-distribution d'une proportion significative de cartes d'électeur et l'inscription présumée indue sur les listes électorales de nombreuses personnes, "notamment des mineurs", pour réclamer un report de l'élection.

Faute des corrections demandées, "les sept candidats ne reconnaîtront pas les résultats qui seront proclamés à l'issue du scrutin organisé avec ces anomalies et irrégularités", affirment-ils dans une déclaration commune.

Plusieurs missions d'observation - de l'Union européenne, de l'Union africaine, de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest - se sont déployées à travers le pays.

Près de 19.000 policiers, gendarmes et agents de la protection civile sont sur le terrain pour sécuriser le scrutin.

"Généralement ce n'est pas le jour du vote qu'il y a des problèmes, c'est au moment où on proclame les résultats", souligne le Dr Alpha Amadou Bano Barry, professeur de sociologie politique à l'Université de Sonfonia, à Conakry. Un "deuxième tour en Guinée est toujours beaucoup plus conflictuel que le premier", en raison de l'exacerbation des rivalités ethniques.

M. Condé a fait campagne sur son bilan - amoindri, selon lui, par l'épidémie d'Ebola qui s'est déclarée en décembre 2013 : réforme de l'armée et de la justice, achèvement du barrage hydro-électrique de Kaléta, pour pallier enfin la pénurie criante d'électricité, transparence sur les contrats miniers. 

Plus de la moitié des 12 millions de Guinéens vivent sous le seuil de pauvreté, malgré les richesses minières considérables du pays.

Les adversaires du président, dont les anciens Premiers ministres Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté - six hommes et une femme, Marie Madeleine Dioubaté du Parti des Ecologistes de Guinée - accusent Alpha Condé de mauvaise gestion, notamment sur la crise Ebola, d'exercice solitaire du pouvoir et d'attiser les tensions ethniques, particulièrement envers les Peuls, la communauté de M. Diallo.

Toutes les frontières sont fermées de 06h00 à minuit et la circulation exclusivement réservée aux véhicules des observateurs électoraux, des membres du gouvernement, des forces de sécurité, ou munis de laissez-passer de la Haute Autorité de la Communication.

Les deux précédents scrutins, la présidentielle de 2010 et les législatives de 2013, ont été entachées par des violences et des accusations de fraude.

Alpha Condé, ancien opposant qui a connu la prison, est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française, dirigée jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires ou dictatoriaux.

 

AFP

Ses derniers articles: Ghana: premier tour de la présidentielle sur fond de tensions  En Ouganda, les rescapés de la LRA suivent avec émotion le procès d'un de leurs bourreaux  Les armées africaines sous-équipées face aux jihadistes 

présidentielle

AFP

Ghana: premier tour de la présidentielle sur fond de tensions

Ghana: premier tour de la présidentielle sur fond de tensions

AFP

Présidentielle en Gambie: avance réduite pour le vainqueur Barrow

Présidentielle en Gambie: avance réduite pour le vainqueur Barrow

AFP

Ghana: dernière ligne droite avant la présidentielle

Ghana: dernière ligne droite avant la présidentielle

vote

AFP

Présidentielle au Gabon: polémique autour du vote des forces de sécurité

Présidentielle au Gabon: polémique autour du vote des forces de sécurité

AFP

Tunisie: avant le vote du Parlement, le gouvernement d'union appelle

Tunisie: avant le vote du Parlement, le gouvernement d'union appelle

AFP

Angola: vote d'une nouvelle loi controversée sur les médias

Angola: vote d'une nouvelle loi controversée sur les médias