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RDC: la nouvelle compagnie aérienne publique prend son envol

La compagnie publique congolaise Congo Airways a pris son envol officiellement vendredi avec l'ambition de révolutionner le transport aérien en République démocratique du Congo, vaste pays où les vols sont assurés uniquement par l'ONU et des compagnies sur liste noire.

Un premier avion, à destination de Goma (est) a décollé de l'aéroport international Ndjili de Kinshasa peu avant 11h00 (10h00 GMT), avec à son bord le Premier ministre Matata Ponyo, suivi de près par un autre appareil, à destination de Lubumbashi, la deuxième ville du pays, dans le sud-est.

Les deux avions, des Airbus A320 aux couleurs rouge-jaune-bleu-blanc et à la queue ornée d'un léopard volant sont arrivés à destination après environ deux heures de vol.

Il s'agissait de vols inauguraux spéciaux réservés à des invités triés sur le volet. La date du début des vols commerciaux n'a pas encore été annoncée. Fin septembre, une source proche de Congo Airways indiquait que ceux-ci pourraient démarrer "vers la mi-octobre".

"Le lancement de Congo Airways" est "la consécration de la rupture entre un passé sombre (et) un présent porteur de joie, pour un avenir reluisant du transport aérien" congolais, s'est enflammé le ministre des Transports, Justin Kalumba lors d'une cérémonie officielle.

Congo Airways remplace les Lignes aériennes congolaises (LAC), en faillite depuis 2003 et dont les avions ne volaient déjà plus, à cette date, depuis des années.

Le trafic aérien en RDC est assuré aujourd'hui par les Nations unies (essentiellement pour leurs besoins internes ou des besoins humanitaires) et quelques compagnies locales, toutes sur la liste noire des compagnies aériennes établie par l'Union européenne.

Engagée auprès de Congo Airways par un contrat d'assistance technique, Air France accompagne le développement de la nouvelle compagnie, qui doit aller de pair avec une remise à niveau des infrastructures de transport aérien dans ce pays parmi les moins développés au monde.

 

- Davantage d'avions -

 

Dans un premier temps, Congo Airways doit desservir huit villes en RDC pour passer à 14 destinations intérieures au bout de trois ans.

La compagnie "ambitionne à court termes d'acquérir d'autres aéronefs afin de desservir l'ensemble du territoire national", a indiqué M. Kirongozi.

Ses deux premiers avions ont été achetés d'occasion à la compagnie italienne Alitalia pour un montant total annoncé d'environ 50 millions dollars.

Un des deux appareils a été retenu pendant près d'un mois en Irlande à la suite d'une procédure judiciaire intentée par des créanciers de la RDC - il était finalement arrivé à Kinshasa le 26 septembre.

Le lancement de la compagnie procède de la volonté des autorités - en dépit d'un budget national très limité (9 milliards de dollars environ pour 2015) - de développer le pays et de désenclaver progressivement de nombreuses zones de son territoire de plus de 2 millions de km2, inaccessibles par la route depuis la capitale.

Avant d'embarquer gratuitement pour Lubumbashi, le députe Romain Kalonji s'est plaint des coûts "exorbitants" des voyages en avion en RDC et a souhaité que Congo Airways contribue à faire baisser les prix.

Claude Kirongozi, directeur général de Congo Airways, assure que "tout est mis en ½uvre pour assurer le voyage à des prix raisonnables". 

A court terme, la joie de voler risque cependant d'échapper à l'immense majorité des Congolais, qui se débattent dans la misère.

La RDC a été ravagée par deux guerres entre 1996 et 2003, et sa partie est reste déchirée par la persistance de la violence et de plusieurs dizaines de milices.

Le fait que la compagnie puisse desservir Goma, capitale du Nord-Kivu, province emblématique des souffrances de l'est congolais, témoigne néanmoins d'une certaine amélioration du point de vue de la sécurité, au moins localement.

Ethiopian Airlines avait ouvert la voie en inaugurant en juillet la première desserte internationale régulière vers cette ville (au départ d'Addis Abeba) depuis des années. 

Début septembre, la compagnie aérienne belge Brussels Airlines avait annoncé la liquidation de sa filiale congolaise Korongo Airlines, une des deux plus grandes compagnies d'aviation privées du pays, et révélé discuter avec Kinshasa en vue d'aider au "démarrage" de Congo Airways dans une région où les conditions opérationnelles sont "extrêmement difficiles".

AFP

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