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Mali : trois civils tués dans une attaque "jihadiste" près de la frontière burkinabè

Trois civils, dont un élu local, ont été tués vendredi dans un village du centre du Mali, près de la frontière burkinabè, dans une attaque attribuée à des jihadistes, a-t-on appris auprès d'une source de sécurité et d'un élu local.

"Trois civils, dont l'adjoint à un maire, ont été tués vendredi" lors de cette attaque "jihadiste" dans le village de Dounapen, situé dans la région de Mopti, a affirmé à l'AFP la source de sécurité, affirmant qu'"il y a aussi des blessés", sans toutefois préciser de nombre.

L'information a été confirmée par un responsable de la mairie de Koro, qui gère Dounapen.

L'attaque "s'est passée à 50 km de Koro, vers la frontière avec le Burkina Faso. Les jihadistes ont attaqué la localité ce vendredi, jour de la foire. Ils sont venus à motos, avec des drapeaux noirs", a précisé cet élu local sous couvert d'anonymat, ajoutant que les assaillants étaient "nombreux".

"Ils ont tué l'adjoint au maire et deux autres civils. Il y a aussi des blessés qui sont en route pour Koro", a-t-il poursuivi.

"Vraiment, a témoigné un responsable du gouvernorat de Mopti, les gens ont peur, surtout les civils parce que généralement, les jihadistes du centre ne touchaient pas aux civils. Voilà qu'ils ont commencé".

Le 19 septembre, deux policiers et deux civils avaient été tués dans le village de Bih, autre localité de région de Mopti proche de la frontière burkinabè, lors d'une opération attribuée à des jihadistes arrivés sur place à moto, selon des sources de sécurités maliennes.

Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si l'assaut à Dounapen avait un lien avec une attaque survenue quelques heures auparavant dans l'ouest du Burkina Faso, à une trentaine de kilomètres de la frontière malienne : trois gendarmes et un assaillant ont été tués lors de ce raid lancé par "une cinquantaine d'hommes armés" contre la gendarmerie de Samorogouan, selon le ministère burkinabè de la Défense.

Longtemps concentrées dans le nord du Mali, les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre du pays, puis à partir de juin au Sud, aux frontières avec la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les groupes jihadistes y ont été dispersés et en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin d'un accord de paix entre le gouvernement et la rébellion.

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