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Protestations après la fermeture d'une chaîne somalienne et l'arrestation de deux journalistes

Journalistes somaliens et défenseurs de la liberté de la presse ont condamné mardi la fermeture par les autorités somaliennes d'une chaîne privée de télévision et l'arrestation de deux de ses journalistes.

Les services somaliens de renseignement ont mené le 2 octobre une descente dans les locaux de la chaîne indépendante Universal TV à Mogadiscio, au lendemain de la diffusion d'un débat sur le rôle des forces étrangères en Somalie, selon le Syndicat national des Journalistes somaliens (NUSOJ).

Abdullahi Hersi, directeur pour l'Afrique de l'Est d'Universal TV, et Awil Dahir Salad, producteur et présentateur de l'émission en cause, Doodwadaag (Le Débat), ont été arrêtés, a ajouté le syndicat, précisant qu'ils avaient été placés en détention préventive pour 21 jours, le temps de l'enquête.

"Nous condamnons la façon dont les bureaux d'Universal TV ont été fermés et les journalistes arrêtés", s'est insurgé le directeur du NUSOJ, Mohamed Ibrahim, dont l'organisation a dénoncé "une violation flagrante de la liberté de la presse et de la liberté d'expression".

Le Comité pour la protection des Journalistes (CPJ), basé à New-York, a appelé le gouvernement somalien à "cesser de harceler arbitrairement les journalistes et à respecter la liberté de la presse".

Reporters sans frontières (RSF) a de son côté dénoncé "une mesure absolument illégale" et "une violation des principes de liberté de l'information et d'expression, pourtant inscrits dans la Constitution" somalienne.

"Ces actes arbitraires envoient un message très inquiétant à tous les médias alors qu'ils auront un rôle crucial à jouer dans le débat démocratique à la veille des élections de 2016", a estimé l'organisation basée à Paris.

Le fragile gouvernement somalien, qui peine à asseoir son autorité au-delà de Mogadiscio, est soutenu à bout de bras par la communauté internationale, Union européenne et Etats-Unis en tête qui financent notamment la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) et ses 22.000 hommes chargés d'épauler l'embryon d'armée somalienne dans le combat contre les islamistes somaliens shebab.

La Somalie est l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes, selon les organisations de défense de la liberté de la presse. RSF place la Somalie à la 172e place sur 180 pays, dans son classement 2015 de la liberté de la presse.

Universal TV, dont le siège est en Grande-Bretagne et qui émet en langue somali, avait déjà vu ses bureaux de la région méridionale somalienne du Jubaland fermés par les autorités locales en août, selon le CPJ.

 

AFP

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