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L'échec du putsch au Burkina Faso emporte le "dernier pilier du régime Compaoré"

L'échec du putsch au Burkina Faso a précipité la liquidation des derniers vestiges du régime du président déchu Blaise Compaoré, selon Rinaldo Depagne, responsable pour l'Afrique de l'Ouest du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) et spécialiste du Burkina.

La dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à l'origine du coup d'Etat du 17 septembre, et le discrédit de la direction du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP, parti de Blaise Compaoré), dont le chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, réclamait la réintégration dans la compétition électorale, sanctionnent cette déroute.

 

Q - Les putschistes ne sont-ils pas finalement parvenus à un résultat totalement contraire à leurs objectifs? 

R- "Les gens qui voulaient balayer les derniers vestiges du régime Compaoré ont maintenant des arguments solides pour le faire".

"Le coup manqué a précipité la dissolution du RSP et a donné un argument de poids à ceux qui voulaient en finir avec ce régiment attaché à la personne de Blaise Compaoré".

"Le coup d'Etat a accéléré la fin du régime Compaoré, dont le dernier pilier qui était encore debout, le RSP, n'existe plus".

 

Q - Quelles sont les conséquences sur les héritiers de Blaise Compaoré, dont plusieurs ont vu leurs avoirs gelés par la justice, de même que le CDP?

"Les dirigeants du CDP n'ont pas condamné le coup".

"Djibrill Bassolé (ministre des Affaires étrangères sous Compaoré, dont la candidature à la prochaine présidentielle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, et qui a été arrêté le 29 septembre, NDLR), dans sa première déclaration après le coup, a fait référence au général Diendéré comme +le président+".

"Maintenant, c'est à la justice de prouver que les personnes dont les comptes sont gelés (au nombre de 14, dont M. Bassolé, NDLR) ont quelque chose à voir avec le coup".

"Il faut néanmoins faire la distinction entre le CDP et la direction du CDP, qui a engagé l'ensemble du parti dans cette aventure".

 

Q - Toutes les difficultés et les hypothèques qui pèsent sur la transition démocratique sont-elles pour autant levées?

R - "On est revenu dans le jeu politique, qui est quand même assez agité".

"Le nouveau président va devoir faire face à une société civile désormais forte, fière, organisée, qui demande beaucoup de choses, et dont les revendications sociales ne seront pas faciles à satisfaire dans un pays aussi pauvre".

 

Propos recueillis par Selim SAHEB ETTABA.

 

 

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