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Burkina: avec le président Kafando dans la caserne des putschistes

Naaba Koom, c'est la caserne "que tout le monde connaît mais que personne n'a jamais vu", a affirmé le président de la Transition Michel Kafando au Burkina, lors d'une visite symbolique au lendemain de l'assaut victorieux de l'armée loyaliste sur le quartier général des putschistes, auteurs du coup avorté du 17 septembre.

Depuis quelques jours, l'énorme caserne, qui jouxte le Palais présidentiel Kosyam au sud de Ouagadougou, alimentait tous les fantasmes. On parlait d'énormes stocks de munition et d'armes modernes. Les soldats putschistes du Régiment de Sécurité présidentielle (RSP) avaient fait savoir qu'ils vendraient chèrement leur peau et qu'ils étaient prêts à en découdre. 

Finalement, la prise de la caserne du régiment dissous vendredi a été plus facile que prévu avec des combats qui n'ont pas duré. Selon le chef de l'Etat, il n'y a eu aucune victime même si l'ancien chef putschiste le général Diendéré redoutait la veille "beaucoup de morts". 

Selon une source rencontrée dans le camp, l'armée loyaliste qui a tiré avec l'artillerie a choisi des "cibles neutres" pour effrayer la poignée d'irréductibles dans l'immense camp et les faire fuir.

Mercredi, l'armée a laissé entrer la presse dans le camp, véritable petite ville avec une clinique, des maisons pour les familles, des routes...

Toutefois, les journalistes qui y ont été acheminés avec des bus militaires, n'ont vu qu'une infime partie de la caserne: sa place d'armes et son centre de commandement. Rien de plus.

-Portrait de Blaise Compaoré-

Une route longeant le Palais présidentiel permet d'accéder à la caserne. Le portail vert en fer défoncé et jeté sur le bas-côté est le seul stigmate de la bataille de veille. La place d'armes paraît toute neuve. Le camp a été construit récemment lors de l'aménagement du nouveau quartier de Ouaga2000, quartier créé ex-nihilo où les autorités ont implanté de nouveaux ministères et bâtiments publics pour désengorger le centre ville de Ouagadougou.

Autour de la place d'armes des maisons en béton qui semblent abandonnées. 

Alors que la nuit tombe, des militaires désarmés forment une haie pour le président qui fait un petit discours saluant "l'armée républicaine" avant de se diriger vers le centre de commandement. 

Rien de spectaculaire, une maison dans laquelle le poste de garde semble désaffectée avec des chaises cassées et un lit sans matelas et du matériel de cuisine. 

Avant l'assaut, des hommes du RSP ont quitté le camp avec des affaires: ont ils pillé cette partie de la caserne? Impossible de le savoir. 

Dans le hall, un panneau avec des photos d'une cérémonie militaire. On passe ensuite à la salle de commandement. Le carrelage jaune du couloir est recouvert par un filet d'eau, résultat d'une fuite. Sur les murs, des photos des différents chefs de corps que les journalistes s'empressent de photographier.

Sur l'autre mur, un immense portrait de Blaise Compaoré en tenue militaire au-dessus d'une carte stratégique avec des pointillés rouge. Une belle oeuvre de propagande qui est restée accrochée au mur du RSP malgré l'insurrection d'octobre 2014 et la chute du président Compaoré chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Le symbole est fort alors que le régiment putschiste était "censé protéger ma personne", souligne le président Kafando.

Sur le sol, des rouleaux de fils barbelés non utilisés. 

Dans la salle de commandement, le président prononce un nouveau discours destiné à toute la Nation insistant sur le fait qu'il n'y a "plus de RSP pour humilier". 

La salle dégage une atmosphère bizarre avec une immense table traversée par un ciel bleu et des nuages peints. Tout autour, de cette salle de réunion, des placards poussiéreux où l'on trouve des vieilles imprimantes, des feuilles, du matériel d'escalade ou des chiffons...

Le président quitte le bâtiment. La presse demande à visiter le reste du camp. "Impossible!", répondent les militaires. Les fantasmes risquent de perdurer...

AFP

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