mis à jour le

Burkina: la reddition du général Diendéré, épilogue de la crise

Le général Gilbert Diendéré, auteur du coup d'Etat avorté du 17 septembre, s'est rendu jeudi aux autorités et se trouvait désormais dans un camp de gendarmerie de Ouagadougou, dans ce qui semble être l'épilogue de la crise qui a secoué le Burkina Faso.

Il avait promis à maintes reprises qu'il se mettrait à la disposition de la justice. Il s'est rendu jeudi après-midi, sortant de lui-même de la résidence du nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) où il s'était réfugié mardi, peu avant l'attaque sur la caserne où étaient retranchés les derniers éléments de l'unité putschiste Régiment de sécurité présidentielle (RSP). 

Après deux jours de négociations, Diendéré, sans doute l'homme le plus détesté du pays, a accepté d'être conduit au camp de gendarmerie Paspanga, près du centre-ville. Ce très proche de l'ex-président Blaise Compaoré dépend désormais de la justice militaire qui sera en charge du dossier, a-t-on appris de source judiciaire.

Une autre figure du coup, le lieutenant-colonel Mamadou Bamba, qui avait lu les communiqués des putschistes à la télévision, s'est lui aussi rendu dans la matinée tandis que la veille, six officiers ayant participé au coup de force avaient été arrêtés. 

 

- Les ex-RSP rejoignent l'armée -

 

Le général Diendéré avait pris les rênes du pouvoir au Burkina Faso le 17 septembre, au lendemain de la prise d'otage du président et de ministres de transition par le RSP. Il a rendu le pouvoir au président Michel Kafando le 23 septembre, après le constat d'échec du putsch face à une forte mobilisation populaire dont la répression a fait 11 morts et 271 blessés, selon le bilan officiel.

Du côté du RSP, au moins 800 à 900 des 1.300 hommes de cette unité d'élite avaient déjà rejoint leur nouvelle affectation jeudi après-midi, selon une source de l'état-major.

Les soldats de l'ancienne garde prétorienne de Blaise  Compaoré, dissoute le 25 septembre par le gouvernement, avaient jusqu'à vendredi pour se présenter dans une caserne ou à leur nouveau poste sous peine de sanction.

Par ailleurs, certains "irréductibles et meneurs" étaient recherchés par la justice, a ajouté cette source. 

Au lendemain de  la visite de la caserne putschiste Naaba Koom II par le président Michel Kafando, l'arrestation en douceur du général putschiste semble être le dernier épisode de la crise burkinabè. Symptôme de l'amélioration de la situation, le président Kafando s'est envolé pour l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La vie reprenait son cours dans la capitale où un important dispositif militaire était encore déployé à certains endroits stratégiques de la ville et alors que le couvre-feu (23h-5h30) reste toujours en vigueur. 

La veille, le président Kafando avait estimé qu'une "page était tournée" et promis de fixer une nouvelle date des élections après une concertation avec toutes les parties concernées. 

Initialement prévu le 11 octobre, le scrutin présidentiel et législatif devait mettre fin à la Transition après l'insurrection d'octobre 2014 qui avait chassé Compaoré du pouvoir après 27 ans à la tête du pays. Les élections devraient avoir lieu début décembre, de source proche du dossier. 

 

AFP

Ses derniers articles: Angola: le parti au pouvoir lance sa campagne électorale  Le nouveau président ghanéen Nana Akufo-Addo, un avocat libéral et persévérant  Gambie: l'UA condamne le revirement du président Jammeh 

crise

AFP

Gabon: état de crise latente trois mois après la présidentielle

Gabon: état de crise latente trois mois après la présidentielle

AFP

Nigeria: le pays s'enfonce dans la crise économique

Nigeria: le pays s'enfonce dans la crise économique

AFP

Maroc: toujours pas de nouveau gouvernement, bientôt la crise politique?

Maroc: toujours pas de nouveau gouvernement, bientôt la crise politique?