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L'influence de Kadhafi en Afrique

Le site d'information canadien The Globe and Mail publie une carte détaillant l’influence financière et diplomatique de Kadhafi en Afrique, où nombre de pays ont bénéficié des largesses du régime libyen.

Une carte, symbole des relations souvent ambiguës et chargées de paradoxe que le «Guide» entretient avec l’Afrique, à la fois pompier et pyromane. La ville de Tripoli devenant notamment la destination préférée aussi bien des responsables africains que des mouvements rebelles, comme ceux du Darfour et du Tchad.

Au Liberia, Kadhafi aurait investi quelques 65 millions de dollars dans divers projets. Une stratégie d'arrosage financier qu’il a également adoptée au Niger ou au Tchad. En Ethiopie, l'aide économique en provenance de Libye paraît presque vitale. Au Mali, c’est son rôle dans le conflit entre le gouvernement et les rebelles qui est mentionné.

En Afrique, rares semblent ceux qui lui ont résitsé. Difficile alors pour l'Union africaine, qui condamnait mercredi dernier dans un communiqué l'«usage disproportionné de la force contre les civils» en Libye et déplorait les pertes humaines, d'afficher une certaine crédibilité. Une déclaration tardive symbole de l'influence incontestable de Mouammar Kadhafi sur le continent noir, et qui, dans certaines régions, jouit même d'une bonne réputation.

«Autour de sa personnalité se cristallisent les mille espoirs de l’Afrique de demain, celle qui aspire au bien-être, celle qui veut compter et compte déjà dans le concert des Nations»écrivait en 2007 l'écrivain camerounaise Calixthe Beyala au sujet de celui qui qui se rêvait «roi des rois d’Afrique».

L’intérêt de Kadhafi en Afrique remonte au temps de l’embargo commercial décidé par les Etats-Unis. Un embargo que les pays arabes ont tous soutenu. Déçu, Kadhafi s’est alors tourné vers l’Afrique subsaharienne. S’en est suivi une multiplication des échanges universitaires, culturels et politiques avec l'Afrique subsaharienne.

Fer de lance du projet des Etats-Unis d'Afrique, Mouhammar Kadhafi, qui a présidé l'Union africaine de 2009 à 2010, a défendu pendant des années l'idée d'une gouvernance continentale, qu'il juge être le seul moyen pour l'Afrique de se développer sans ingérence occidentale.

Lu sur The Globe and Mail