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RDC : après la fronde du G7, le gouverneur du Katanga défie Kabila

Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a défié ouvertement mardi le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, en démissionnant de son parti et en accusant le pouvoir à Kinshasa de "dérives inacceptables" à 14 mois de la présidentielle de 2016.

Après la fronde de sept partis (le "G7") ayant quitté jeudi la majorité, M. Katumbi a ouvert une nouvelle brèche, au sein même du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de M. Kabila.

Jugeant "suicidaire" la politique d'un chef de l'État entretenant le mystère sur ses intentions alors que la Constitution lui interdit de se représenter, le "G7" avait exhorté M. Kabila à ne pas succomber à la tentation du pouvoir et à préparer l'alternance au sein de la majorité, mais il s'est vu opposer une fin de non recevoir par celle-ci.

Dans une "déclaration politique" publiée mardi soir, M. Katumbi annonce tout à la fois sa démission du PPRD, son opposition ferme "à tout prétexte pour retarder les élections" et lance "un appel à toutes les forces vives de la Nation" à sauvegarder la "jeune démocratie" congolaise.

Richissime hommes d'affaires, populaire et charismatique, M. Katumbi n'a pas annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle, mais il "suit sa feuille de route", et c'est pour "bientôt", estime Tryphon Kin-kiey, ministre des Relations avec le Parlement et fidèle de M. Kabila.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection de M. Kabila en 2011, lors d'élections marquées par des fraudes massives.

Depuis des mois, l'opposition accuse le chef de l'État de chercher à tout faire pour contourner l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter, afin de se maintenir, soit en modifiant la Constitution, soit en retardant les échéances électorales.

Le feu entre MM. Katumbi et Kabila couvait depuis que le gouverneur du Katanga - province d'origine du président - avait lancé publiquement en décembre 2014 un avertissement en termes sibyllins conseillant au chef de l'État de ne pas chercher à s'accrocher au pouvoir sous peine de voir la rue l'en chasser à l'image de ce qui s'était passé un peu plus tôt au Burkina Faso.

- 'Nouveau séisme' -


"Les faits indiquent que depuis maintenant un an, tout est mis en ½uvre pour ne pas respecter la Constitution", estime M. Katumbi.

Dans le climat tendu qui règne depuis la répression meurtrière, en janvier, de violentes manifestations hostiles à M. Kabila à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays, M. Katumbi, président du célèbre club de football TP Mazembe de Lubumbashi, capitale du Katanga (sud-est) ajoute sa voix aux critiques du pouvoir et dénonce pêle-mêle "arrestations arbitraires de militants pro-démocratie", "intimidations de toutes sortes", et "répressions policières de plus en plus violentes".

Dans l'opposition, plusieurs voix ont salué la décision de M. Katumbi. "Si les caciques du PPRD adoptent notre discours, c'est qu'ils sont convaincus de ce que nous avons toujours dénoncé", déclare à l'AFP Ève Bazaiba, secrétaire-générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième parti d'opposition au Parlement.

Porte-parole de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti historique de l'opposition, Bruno Tshibala "se félicite" pour sa part "de l'attitude de tous ceux qui veulent que ce pays connaisse une véritable démocratie".

Commentant la décision de M. Katumbi, Olivier Kamitatu, un des membres fondateurs du G7 estime lui que "le paysage politique subit un nouveau séisme", une "réplique" après le coup d'éclat du G7.

"Dans le cadre du grand rassemblement républicain que Moïse Katumbi appelle de tous ses v½ux", estime-t-il, "la RD Congo aborde 2016 avec de sérieuses chances d'alternance maîtrisée et apaisée."

AFP

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