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Sénégal - Les droits de l'homme ne sont plus bienvenus

Paul Nsapu, le secrétaire général de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), a été retenu pendant deux jours à l’aéroport de Dakar alors qu’il devait participer à une conférence de presse prévue le 28 octobre. Après 48h passées dans les locaux du commissariat de l’air et des frontières, il a été refusé d’accès sur le territoire national sénégalais, et s’en est, par la suite, retourné par avion.

Dans un communiqué rendu public, le collectif d’ONG  qui regroupe cinq organisations de défense de droits de l’homme a dénoncé cette rétention de Nsapu qui «est symptomatique de la dérive des autorités sénégalaises vers le déni de justice et de droit», a jugé Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Fidh.org, rapporte que la rétention du secrétaire général au commissariat de police de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor visait délibérément à empêcher Paul Nsapu de participer à la conférence de presse qui portait sur la présentation du 14ème rapport de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme. Les organisations s’inquiètent de la multiplication des attaques et des menaces de la part du camp présidentiel à l’encontre de toute voix contestataire s’exprimant sur la situation politique et démocratique du Sénégal. Dénonçant une atteinte majeure à la liberté, le communiqué de la FIDH exhorte les autorités sénégalaises «à faire cesser toutes actions violentes ou illégales, à engager des enquêtes sur leurs acteurs et à respecter pleinement le jeu démocratique».

Selon Maître Assane Dioma Ndiaye, avocat de la Raddho (Rencontre africaine de la ligue des droits de l’homme), cet acte n’est pas un fait isolé. Le Quotidien rappelle que la douane sénégalaise retient depuis le 19 octobre dernier des exemplaires en français de rapport pour la protection des défenseurs des droits de l’homme.

«La Direction de la surveillance du territoire (Dst) conditionne le dédouanement à la vérification du chapitre consacré à la situation des défenseurs des droits de l’Homme au Sénégal», a-t-il souligné.

Le rapport, qui fait «l’objet d’une censure», concerne plus de 70 pays dans le monde et seules quelques pages sont consacrées au Sénégal.

L’avocat estime que le blocage des rapports par la douane sénégalaise est un «scandale et un grand coup à la liberté d’expression et à la démocratie».

Lu sur Fidh.org, Le Quotidien

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